Seddouk Ouffella, village de Cheikh Ahaddad

Tadart n-Cixx Ahaddad

Accueil > Editorial > L’heure du bilan

L’heure du bilan

mardi 25 septembre 2007, par Hamane

par Hamane (hamane@seddouk-ouffella.com)

Alors que les derniers vacanciers ont quasiment tous pris le chemin du retour avec pour certains un goût d’amertume à cause notamment des difficultés rencontrées à l’embarquement dans certains ports algériens, il me parait judicieux de brosser un tableau de l’état général de notre village tel que je l’ai constaté au terme des quelques semaines passées la-bas.

Su le plan démographique

un double constat s’impose : si l’ecrasante majorité de la population a moins de 30,alors que le nombre de seniors ne cesse de dégringoler ( on compte moins de 10 septuagénaires ) , il n’en demeure pas moins que plus que la moitié d’entre eux est au chômage y compris les diplômés du supérieur qui essaient tant bien que mal de se debrouiller.Ceci d’une part. D’autre part , notre village connaît maintenant depuis bientôt une vingtaine d’années le phénomène de l’exode vers le chef lieu de la commune et qui a pris ces dernières années une ampleur inquiétante. Ainsi pas moins de 15 familles ont déjà quitté le village, alors que d’autres s’apprettent à leur emboiter le pas , soit au moins 80 personnes au total si on compte en moyenne 5 personnes par famille.Les conséquence de cet exode sont visibles de tous : - de nombreuses maisons abandonnées , faute d’entretien , certaines sont en ruines à lors que d’autres ne survivront pas à l’hivers prochain, ce qui offre par certains endroits un spectacle de désolation ; des maisons toutes neuves côtoient des ruines on des pans de murs menacent de s’ecrouler avec les risques que cela comporte sur les personnes d’abord mais aussi sur les biens. - des champs et des lopins de terre qui jadis faisaient la fierté du village, nombreux sont aujourd’hui soit en jachère ou carrément à l’abondan, à tel point qu’aujourd’hui qu’on compte au village qu’une seule famille qui vit de la terre et la cultive , en l’occurence Said BELHADDAD et ses fils qui continuent encore à retourner la terre, semer , moissonner, au rythme des saisons, quant aux beoeufs , ou le village comptait pas moins de 5 ou 6 paires, il n’en reste aujourd’hui qu’une ou 2 paires. - L’école primaire Cheikh Aziez dont la construction à proximité du village a été accueillie avec soulagement par les parents du fait de l’eloignement de l’ecole principale ( École Cheikh Ahaddad )située à LEQWRI risque tout simplement la fermeture faute d’élèves.Au summum de sa gloire elle comptait 6 classes de différents niveaux,autant d’enseignants et un directeur .Aujourd’hui( à la rentrée 2006-2007) elle comptait 29 élèves , un enseignant qui fait office de directeur et un employé polyvalent ( homme à tout faire) qui est en même temps préposé à la cantine secondé par "un filet social".

 A qui la faute ? Bien entendu ceux qui sont partis ne l’ont pas fait de gaieté de coeur mais contraints et surtout enviés car beaucoup aimeraient quitter ces vieilles maisons de pierres et de terres contre des appartements dans des bâtiments tous neufs répondant aux besoins modernes d’habitation : des pièces séparées, une cuisine , salle de bains, carrelage au sol bien d’autres attributs de la modernité. Toutes les familles qui ont pris le chemin de l’exode vers Seddouk sont désignées sur des critères objectifs répondant à l’imperatif de loger prioritairement les plus démunis ayant des familles nombreuses et vivant dans l’exiguité. Il s’agit en tout cas pour ces familles d’une réponse à un besoin crucial de logement dont l’état algérien à le devoir de le leur fournir.Sauf à se poser la question suivante : ce type de logement est il adapté au milieu rural ?Évidemment non , cette politique de logement sociale uniforme produit l’effet contraire combien même elle répond dans l’immediat à un besoin vital qui est l’habitat .Cependant elle a déstructuré la société en créant des pressions urbaines dans des villes ou les équipements et les infrastructures ne correspondent pas à l’evolution croissante de la population d’une part, et d’autre part elle dépeuple les villages qui sont les structures de base de notre société voire même la structure de base avec les conséquences que cela induit .

 Quelle est la solution ? Comment faire cesser cet exode tout en remédiant au problème du logement en milieu rural ?

Les pouvoirs publics pensent avoir remédié à ce problème avec une demi solution .En effet des mesures ont été prises mais qui restent pour le moment in efficientes et insuffisantes du fait qu’elles sont difficiles à mettre en oeuvre.En effet la nouvelle formule de logement social rural qui consiste à attribuer à tout demandeur une enveloppe de 500 000,00 DA ( 50 millions anciens) sous conditions d’abord de détention de titre de propriété du terrain à bâtir et/ou de la maison ancienne à démolir , ensuite reconstruire à neuf après démolition s’il ya lieu, ce qui exclut de facto toute extension de construction existante . Ce dispositif qui devrait être accueilli avec satisfaction ne suscite guère d’enthousiasme du fait qu’il bute à un problème d’ordre juridique et historique : le titre de propriété.Meme si la condition a été assouplie , la municipalité exige maintenant un certificat de possession qui demeure dans de nombreux cas difficile à obtenir du fait de la complexité du régime de la propriété dans la société kabyle.En effet l’ecrasante majorité des vieillies bâtisses ainsi que les propriétés foncières sont encore sous le régime de l’indivision entre différentes générations . Ainsi de nombreux prétendants à ce dispositif sont exclu ou carrément décourage tellement le parcours est long et incertain. Ce dispositif est nécessaire , mais devrait être accompagné de mesures adaptées à notre société : - supprimer carrément l’obligation de fournir un justificatif de propriété et le remplacer par des témoignages de notoriété , ou reformer le droit de succession de manière à instituer un régime spécifique de succession par voie administrative s’il ya lieu dont le déclenchement soit simultané à la demande d’attribution du logement social rural.

 -ouvrir de nouvelles voies de circulation afin de désenclaver des quartiers ou en créer d’autres en veillant à un juste équilibre entre le foncier agricole et le besoin en foncier constructible.

- déplacer l’administration vers les villages pour conseiller, aider et superviser l’avancement des travaux et parer aux éventuelles fraudes .

- Déplafonner l’enveloppe de 500 000 DA de manière à adapter le budget de chacun en fonction des spécificités liées à la fois à la nature du terrain, coup de la démolition , coût de la construction et composition de la famille en tenant compte de son évolution à court et à moyen terme. - creer des services de proximité tels que les activites sportives et de loisirs , des services de soins, bibliothèques . A tout cela , Il faut bien entendu une volonté politique forte et soutenue de l’état pour arriver à résorber ce problème de l’exode rural qui n’est en fait que la conséquence d’une politique de développement déséquilibrée.

Sur la plan économique

Toute l’attention du village est tournée vers les réalisations en cours dans le village et qui constituent le sujet principal des discussions.Il s’agit des chantiers du mausolée , de la maison des Khwans et de la maison de Cheikh Ahaddad .Ceci pour la simple raison que les 03 chantiers en cours constituent les seules opportunités à quelques jeunes du village à occuper un emploi dans l’immediat mais aussi offrent des perspectives d’avenir en terme d’emploi direct et indirect une fois les travaux achevés et les sites ouverts au public.

Sur la plan culturel et artistique

Les jeunes organisés dans le cadre de l’association Issulas ou au sien de la section scouts"Mouhoubi Melaaz" n’ont pas dérogé à la tradition de créer des événements et de susciter du dynamisme .Ainsi ils ont organisé le 10 août denier une cérémonie de remise de prix aux lauréats du bac et aux diplômés de l’université en présence d’une assistance nombreuse à laquelle ont pris part M.Malek Bougheriou le Président d’APC de Seddouk, le secrétaire général M.Bouda Malek ; l’ancien directeur de wilaya des affaires religieuses M.Medjani, M.Khellil Belhaddad Président de l’association AFSOU .A cette occcasion un vibrant hommage a été rendu à Mohand Bouzerzour"Azezour" pour ses 40 années au service de l’éducation et de la jeunessse. A son tour la toute jeune section scouts de Seddouk ouffella sous la direction de son Président Bouda Abdelkrim a organisé une cérémonie de remise diplômes d’honneur aux précédents fondateurs de la section scouts de SeddoukOuffella à l’instar de Bouda Malek, Boudiba Ali, Bouzerzour Abdellah, Belhaddad Slimane, Bouda Malek, Abderahmane Bensadoune et d’autres.Dans la foulée , ils ont organisée une sortie à la plage sur 2 jours les 24 et 24 aout derniers. Sur le plan purement artistique," Mohand"Azerzour" a quasiment parachevé l’enregistrement de son nouvel album tant attendu, il sera fin prêt vraisemblablement vers la fin de l’année, Smail s’apprete à son tour à entrer en studio , Quant a Nadir et Zoubir Belhaddad, rien de nouveau à signaler de leur coté sauf que Zoubir peine à sortir son album sur le marché depuis...2005.Bonne chance et boucoup de courage à tous les 2.

Sur le plan littéraire, Mohand Ait Ighil est sur le point de publier son dernier opus " tighersi" la déchirure dont je publierai bientôt un extrait .Il est écrit dans un kabyle à la portée de presque tout le monde, des personnages familiers avec des anecdotes dont certains reconnaîtront facilement les personnages.

Sevran le 05/09/2007