Mme Simone Blanche Recurt:Déshéritée au nom de la religion

Mme Simone Blanche Recurt
Déshéritée au nom de la religion

Depuis 12 ans qu’elle se démène pour ses droits légitimes, pour le bénéfice de ce qu’elle a contribué à édifier de ses propres mains, pour sa foi nouvelle que certains inquisiteurs lui refusent, Mme Simone Blanche Recurt épouse Bennacer commence à se faire à l’idée que le ciel lui est tombé sur la tête et qu’elle se bat contre des moulins à vent. Epouse Bennacer depuis qu’elle a convolé en justes noces avec Mohand Ameziane en 1951 en France, c’est bien naturellement qu’elle accompagne son mari lorsqu’il décida de rentrer définitivement au pays en 1968. Ils vendirent maison et bien acquis en communauté de biens en France et s’installèrent à Cap Matifou dans une maison dont ils firent l’acquisition.
Puis, l’appel du bled, de Tamurth devenant chaque jour plus fort, plus insistant, ils se délestèrent de leur demeure d’Alger pour rejoindre Seddouk Ufela où ils bâtirent une belle maison. Ils coulèrent des jours heureux, tranquilles, rythmés par les saisons et les fruits de la terre généreuse qu’ils surent apprivoiser. Ils se feront aussi beaucoup d’amis, surtout elle, tharoumith.
Cette félicité devait brusquement s’interrompre après la mort de l’époux, survenue en décembre 1992. Peu de temps après, l’un des fils du défunt, issu d’un premier mariage rompu en 1949 par un divorce en bonne et due forme, s’est dressé contre la veuve lui déniant tout droit à un quelconque héritage. Ce déni de justice fut, chose étonnante, confirmé par une juridiction qui désigna un notaire à l’effet d’examiner et de déterminer si la veuve pouvait en toute légitimité prétendre à une ou plusieurs parts d’héritage.
La sentence fut ubuesque : le notaire prononce un modèle d’iniquité, déshéritant celle qui, 41 années durant, a partagé les joies et les peines d’un homme, dont les rejetons se disputent les quelques biens que lui et son épouse ont acquis à la sueur de leur front.
Le motif invoqué, la nationalité française de la défenderesse est en soi un chef-d’œuvre d’injustice, d’intolérance, de xénophobie (n’ayons pas peur des mots et disons-le !), qui de surcroît ne s’appuie sur aucun texte de loi. Que restait-il de français chez Simone, après 37 ans de vie campagnarde au sein d’une communauté qui l’a bien vite adoptée ?
La justice étant parfois de ce monde, l’annulation de cette frédha a été prononcée par un tribunal et un autre notaire l’a rétablie dans ses droits en l’an 2000. Loin de désarmer, le fils Bennacer fait la nique à la décision de justice et bien que la maison soit sous le régime de l’indivision, il procède aux aménagements et transformations qui lui plaît de faire.
Mieux, il s’est rendu coupable de voies de fait sur la personne de celle qui demeure tout de même sa belle-mère. Sanction : 15 jours de prison. Ce qui semble ne l’avoir pas assagi. Non content de l’écarter de l’héritage, il fait des pieds et des mains pour l’expulser du territoire national ! Et à l’heure actuelle, Mme veuve Bennacer se retrouve sans domicile fixe, car n’eut été la générosité de son gendre, le mari de sa fille décédée en 2001, Simone aurait été réduite à quêter un toit. C’est dans un élan pathétique, usant d’un ton à fendre le plus dur des rocs, que Simone en désespoir de cause, s’est adressée au président de la République. Histoire, sans doute, de l’informer que dans son beau pays, il se trouve un vieille femme spoliée et dépossédée de tout ce qu’elle a patiemment, longuement, parfois douloureusement, construit sur cette terre qu’elle a aimé et qui en retour, l’a prise dans ses bras sous prétexte qu’elle est Française. Et qu’elle n’est, suprême hypocrisie, musulmane que depuis 1996. Comme si la foi est tributaire d’une attestation !
Dans ces conditions, quantifions la foi et faisons-nous établir quantités d’attestations pour établir une hiérarchie des mérites qui servirait de sésame pour l’Au-delà. Nous avons souvenance d’une pratique analogue instituée par l’Eglise au Moyen-âge. Nous avons bien dit au Moyen-âge !

Mustapha R.
In la dépêche de Kabylie du 25 juillet 2005

Tibouamouchine : Hommage à Said Oumeddour

Tibouamouchine: Hommage à Said Oumeddour

L’association du village Tibouamouchine a rendu ce vendredi 15/07 un vibrant hommage à son enfant, Ait Meddour Said, ancien footballeur du RC Seddouk et militant de la cause amazigh, décédé le 15/07/1993.
La procession composée de ses amis, des membres de sa famille et des villageois s’est ébranlée à 9 h, vers le cimetière de la localité où une gerbe de fleurs a été déposée sur sa tombe, suivie d’une fatiha lue par l’imam du village. Au retour, une prise de parole, suivie d’une collation a eu lieu dans la grande salle d’Agoulmim, où ont été exposées en substance quelques photos retraçant son parcours de militant et de sportif.
Dans l’après-midi, dans un match comptant pour la finale interquartiers, Ighil Inourar a pris le dessus lors des tirs aux buts (3-2) sur la sympathique équipe d’Irmane qui a dominé pourtant toute la partie et a raté de nombreuses occasions. En match d’ouverture, les vétérans du RC Seddouk ont littéralement écrasé leurs homologues des quatre villages, sur le score de 3/1.

L. Beddar
In la dépêche de Kabylie du 19 juillet 2005

Des ordinateurs neufs non utilisés depuis 1999

Des ordinateurs neufs non utilisés depuis 1999

Le collège d’enseignement moyen Bounzou Zoubir * avait ce privilège d’acquérir le premier des ordinateurs pour initier les élèves de l’établissement à l’informatique.

Cette idée ingénieuse de doter ce collège d’un matériel informatique a été soumise par les membres de l’association socioculturelle Azar aux responsables de la communauté émigrée de France, des trois villages, qui n’a pas hésité un seul instant pour envoyer la somme de 400 000 00, DA nécessaire à l’acquisition de 8 ordinateurs, 3 onduleurs, 2 imprimantes et 1 scanner pensant que ce collège, avec de petits gestes très précieux, peut devenir une base du savoir capable d’assurer à la fois la socialisation des collégiens, leur éducation, leur intégration sociale… Cet outil informatique, que peu de jeunes ont la chance d’avoir à la maison et qui a rendu, par le biais de l’Internet, le monde, aussi vaste soit-il, synonyme d’un petit village où se communiquent, au temps réel, les humains des quatre coins du globe, aurait été pour nos enfants un facteur déclenchant pour leur motivation à aller de l’avant dans les villages enclavés et certains , ont leurs parents au chômage ou dans des situations précaires, sans perspectives. Pis encore, cette motivation s’avère des plus difficiles pour les élèves, à cause des conditions d’études très défavorables à la maison. Certains ne disposent même pas d’un bout de table pour faire leurs devoirs et réviser leurs leçons.
A la réception de ce matériel en 1999, le directeur du collège de l’époque a buté sur d’innombrables difficultés pour arracher un poste budgétaire à la direction de l’éducation de Béjaia, poste qui ne figure pas dans la carte scolaire, dira-t-elle ? Mais qu’elle peut toujours accorder, ne serait que par devoir d’aider ces collégiens à se mettre au diapason avec leurs pairs de la ville. Mais la question que se pose le commun des mortels est la suivante : Les écoles du même palier que la direction de l’éducation de Béjaia dotées en micro-ordinateurs, leurs accorde-t-elle des postes budgétaires pour leurs fonctionnements ? Si c’est le cas, pourquoi alors ne le fait elle pas pour le CEM Bounzou qui l’a épargnée d’un budget d’investissement en acquérant le matériel par ses propres moyens ? «Qu’on nous le dise alors, comment rendre le cadre de vie de ce collège plaisant et attrayant pour nos élèves si chacun se renferme dans des logiques budgétaires qui ont fait de lui un établissement marginal démuni de tout. Et oui de tout ! Et les résultats catastrophiques au BEF qu’il réalise chaque année parlent d’eux mêmes», s’insurge un membre de l’association des parents d’élèves.
En tout état de cause, ce matériel moisit quelque part dans une salle du collège sans que personne n’en tire profit et les plus lésés restent les collégiens pour qui, il est destiné.

L. Beddar

In la dépêche de Kabylie du 18 juillet 2005

* situé à Tibouamouchine, au contrebas de l’Ecole primaire de Cheikh Ahaddad de seddouk Ouadda NDLR.

commentaire de Seddouk-ouffella.com
Il est regrettable que cette action d’ envergure qui a mobilisé pour la première fois la communauté émigrée des 04 villages ( Seddouk Ouffella, Seddouk Ouadda , Tibouamouchine et Ighil N’Djiber ) autour de cette action en faveur de l’ accession de notre jeunesse à la pratique de l’ informatique soit soldée par un échec non pour faute de moyens mais plutôt par absence de volonté de la part des autorités en charge de l’ éducation qui ont promis à l’ époque de détacher un enseignant compétent en informatique en vue de diriger l’atelier. Affaire à suivre.

Hamane

Seddouk : Les lauréats primés

Seddouk : Les lauréats primés

Fort de ses 43,39% de réussite au BEF, soit 115/265, qui l’on propulsé à la première place au niveau de la circonscription de Seddouk et de ses 51% de passage au lycée soit 136/265, le CEM l’Indépendance de Seddouk a organisé ce jeudi, pour la circonstance une cérémonie grandiose de remise des prix aux différents lauréats.
Ont été classés meilleure élève de l’établissement Nait El Djoudi Amina avec 18,53 de moyenne, meilleure élève au BEF Benyama Sofia avec 16,38, meilleure élève 9e AF Kherbouchi Lamia avec 17,58 et meilleure élève 2e AM avec 17,78. L’équipe de handball de l’établissement, champion régional et qualifié au championnat national, a fait partie du lot des récompensés.
La cour de l’école a connu une ambiance festive inhabituelle où lauréats, parents d’élèves, personnel de l’établissement et invités de marque ont répondu à l’appel.
C’est Mr Salhi Abdenour, directeur de l’établissement, qui a ouvert le bal par une allocution dans laquelle il rendu un vibrant hommage aux lauréats qui ont honoré l’école, aux enseignants qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes et enfin à tous ceux, de loin ou de près, ont apporté leur contribution.
La chorale composée d’élèves de cette école, lui emboîtant le pas, a donné la réplique en chantant d’hymne national pendant que les présents observaient une minute de silence, comme il est d’usage, avant d’égayer la foule par deux chansons tirées du terroir.
Enfin, la cérémonie qui s’est déroulée dans un climat bon enfant a été clôturée par une collation où gâteaux et boissons ont été servis aux invités.
L. Beddar

In la dépêche de Kabylie du 04 juillet 2005

Seddouk Ouadda: pollution de la rivière.

Seddouk Ouadda: pollution de la rivière.

L’eau de cette rivière séculaire qui prend racines des prestigieuses sources d’Elmanfouka et d’Elmoumadha était le patrimoine de toute la communauté du village Seddouk Ouadda qui lui accorde une vénération particulière en l’adulant comme on adule une grande personnalité. L’homme est-il condamné à demeurer éternellement nuisible à l’environnement dans lequel il évolue, en ayant une vision très étroite des dangers qui le guettent quotidiennement et ne réagissant que quand vraiment un malheur lui survient ? Le cas le plus édifiant est incontestablement la rivière d’Irmane (Ighzer Yirman ndlr ), traversant le village Seddouk Ouadda qui ne peut être que la plus polluée. Et pour cause, un grand nombre de riverains ont leurs jetées d’égouts des eaux usées donnant directement sur celle-ci et des déchets fécaux d’animaux domestiques sont déversés lors des nettoyages des hangars d’élevage, rendant ainsi l’eau verdâtre donnant des nausées aux personnes sensibles. L’eau de cette rivière séculaire qui prend racines des prestigieuses sources d’Elmanfouka et d’Elmoumadha, au temps de jadis était un patrimoine de toute la communauté du village Seddouk Ouadda qui lui accorde une vénération particulière en l’adulant comme on adule une grande personnalité. Elle constitue la raison de vivre des villageois qui l’utilisent, à l’époque, pour l’irrigation des céréales, des maraîchères et des arbres fruitiers. Aussi, nos aïeux racontent que pas moins de cinq moulins à grain fonctionnant avec cette eau, sont installés aux abords de la rivière en différents endroits et certaines personnes âgées, encore en vie, se souviennent d’un passé assez récent lorsque cette eau ramenée dans une rigole qui traverse la placette (El Hara Ouadda) ou certains villageois aimaient se détendre en milieu de la journée, adossés au mur, les pieds nus dans l’eau. Aujourd’hui, à l’entrée de ce village, une mare marécageuse d’eaux usées de couleur noirâtre, dégageant des odeurs nauséabondes est constituée au milieu de la route principale obligeant les passants à traverser sur des pierres alignées sur toute la largeur de celle-ci, au risque des personnes âgées et des enfants nombreux à l’emprunter et que beaucoup de citoyens craignent qu’un jour l’un d’eux tombe à l’intérieur. Pis encore, à quelques mètres de là, ces eaux impropres passent au dessus de la conduite principale d’eau potable alimentant le village, enfouie de quelques centimètres dans la vase de la rivière. Ceci étant, les grandes chaleurs arrivent et les risques de maladies deviennent grandioses, sans oublier les désagréments qui sont causés quotidiennement aux riverains et aux habitants des quartiers proches de la rivière qui seront amplifiés en été par la prolifération de moustiques.

L. BEDDAR
Article paru dans la dépêche de kabylie du31/5/2005

M’cisna : Un programme de développement pour Ighil Méloulène

M’cisna : Un programme de développement pour Ighil Méloulène

Ce programme d’un montant global de 19 903 500, 00 DA dont le reste est pris en charge pales 14 bénéficiaires insufflera une dynamique à cette localité par la création de richesse et de l’emploi.Ce sont 12 145 275, 00 DA que les pouvoirs publics ont accordés aux agriculteurs du village Ighil Méloulène dans la commune de M’cisna, comme soutien de l’Etat dans un ambitieux programme de développement des activités agricoles rentrant dans le cadre du projet de proximité du développement rural (PPDR). Ce programme d’un montant global de 19 903 500, 00 DA dont le reste est pris en charge par les 14 bénéficiaires insufflera une dynamique à cette localité par la création de richesses et de l’emploi. C’est à partir d’une étude menée par le district des forêts de la daira de Seddouk en 2003, se basant sur le niveau de vie, le seuil de pauvreté et les ressources de chaque ménage que toutes les données recensées ont plaidé à la faveur du choix de ce village enclavé, isolé du reste du monde et perché sur la crête d’une colline à plus de 800 m d’altitude. «Nous avons tenu plusieurs réunions avec les agriculteurs locaux, leur expliquant les buts recherchés par les pouvoirs publics qui consistent à trouver avec la communauté rurale un mode de développement économique et social adéquat dans les zones de montagne les plus reculées et déshéritées qui va permettre d’améliorer la sécurité alimentaire, le revenu des ménages et les conditions de vie des habitants», dira le responsable du district des forêts. «C’est un projet ambitieux qui va apporter un plus à notre commune qui souffre d’un enclavement et le village Ighil Mélouléne est un choix judicieux.
Néanmoins, les autres villages vivent les mêmes problèmes d’isolement et nous souhaitons qu’ils bénéficieront dans l’avenir d’un soutien de l’Etat du même type», suggéra Oulmahdi, administrateur de la municipalité de M’cisna. Ce programme a connu une avancée dans la réalisation des actions retenues dans le cadre individuel : 25 ha de terres non travaillées ont été mis en valeurs, 500m3 de gabions ont été posés dans des ravins pour parer à des érosions et des éboulements de terrains, 10 kms de pistes agricoles ont été réalisés et 5 kms de pistes déjà existantes ont été aussi aménagés, 30 ha de terres ont été plantés d’arbres fruitiers et les parcelles protégées par des brise- vents (plantation de 5 000 céprieds tout autour). 5150 sujets d’oléastres (azéboudj) ont été greffés. 4 apiculteurs ont bénéficié de 20 ruches pleines chacun. Et enfin, la fontaine Thala ousserdhoun a été réhabilitée par l’aménagement de la source et la rénovation de l’édifice. Néanmoins, certains projets n’ont pas connu de début de réalisation en raison de leurs montants jugés très faibles par les entreprises soumissionnaires. Ils s’agit du fonçage de 10 puits de 30 ML chacun, de la réalisation de 10 bassins d’accumulation de 20 m3 l’un et de l’approfondissement d’un puits déjà existant sur 10 ML. «Nous voudrions attirer l’attention des autorités sur le fait que si ces projets ne seront pas réalisés dans les délais impartis, nous craignions que tout ce qui a été planté ne survivra pas, car l’eau, cette source de vie, est primordiale dans l’agriculture» explique un bénéficiaire. Dans le cadre collectif, les habitants ont demandé les réalisations, d’un forage et d’une conduite d’eau potable pour remédier aux pénuries d’eau récurrentes en été, d’une salle de soins pour épargner aux malades les déplacements jusqu’au chef-lieu communal par taxis dont le trajet coûte 400, 00 DA et de deux classes scolaires supplémentaires. «Ces projets ont été proposés dans le programme PPDR et soumis à la commission qui les a inscrits en mémoire», précisa le responsable du district.L.

L.Beddar

Inla dépêche de Kabylie du 05/5/2005

Seddouk : Cheikh Belhaddad, Pari doublement réussi !

Seddouk : Cheikh Belhaddad, Pari doublement réussi !

“ Le comité d’organisation avait pris toutes les dispositions nécessaires pour faire de cette manifestation une rencontre grandiose entre les différentes générations qui ont succédé dans cette école, unique en son genre, de par les étapes historiques traversées”, a souligné un ancien élève.En effet, en plus des invitations individuelles, des affiches comportant le programme des festivités ont été collées dans la ville et les villages pour sensibiliser un grand nombre de personnes. La réponse ne s’est pas faite attendre. Tôt le main, jeunes et vieux, affluaient vers leur école chérie en auto ou à pied, dévalant les pistes sinueuses et rocailleuses menant des villages aux lieux des cérémonies pour marquer de leur présence, ô combien précieuse, des moments de joie inoubliables. La cour de l’école grouillait de monde. Les regards sont rivés vers la route, attendant impatiemment l’arrivée de la délégation. L’imposante délégation conduite par Benamara Mohand, directeur de la culture de Béjaïa, composée de personnalités du monde politique et associatif, constatait en empruntant la route nationale 74, pentue et serpentée, qu’au fur et à mesure de l’ascension, le panorama des régiments d’oliviers au milieu des paysages verdoyants devenait de plus en plus attirant en cette journée ensoleillée d’un printemps qui semble être plus beau cette année, car l’école qui a formé des générations fête doublement son premier centenaire et la commémoration du soulèvement insurrectionnel du 08/04/1871 mené par deux héros de la vallée de la Soummam, cheikh Mohamed Améziane Belhaddad et El Mokrani. En franchissant le col de Tiza avant de s’engouffrer dans le village de Tibouamouchine qui est traversé par cette route comme une arête d’une feuille, distribuant sur les deux bords des ruelles menant vers plusieurs villages et quartiers, apparaissent, d’abord la montagne d’Achtoug avec ses mamelons qui dominent toute la vallée d’Akbou et les villageois de Seddouk, puis le village historique de Seddouk Oufella, collé au flanc de celle-ci, avec ses arbres gigantesques et ombrageux, son eau douce qui jaillit de la terre de cette montagne, attestent du choix de cheikh Belhaddad pour cet endroit paradisiaque, ensuite, un peu plus bas la vieille bâtisse construite sur une protubérance au bord de la route : c’est l’école Cheikh-Belhaddad de Seddouk Ouadda qui caresse le regard par des fanions aux couleurs nationales, ces banderoles blanches portant les slogans de bienvenue et ses façades fraîchement relookées de peinture aux couleurs bigarrées. A l’arrivée de la délégation qui est attendue par le chef de la daïra de Seddouk, du petit-fils de cheikh Belhaddad (Si Ahmed), des membres de l’organisation et d’une foule nombreuse, des youyous et des applaudissements fusent de partout en guise de remerciements aux invités venus honorer de leur présence une fête grandiose et inédite et en particulier au directeur de la culture pour avoir accordé une bibliothèque à l’école dont le mobilier composé de 80 chaises, de 20 tables, de deux armoires, d’un fauteuil pivotant et d’un bureau, est réceptionné la veille. Les festivités qui devraient durer 15 jours ont débuté par une minute de silence observée par l’assistance à la mémoire des chouhada, au moment où des jeunes écoliers levaient les couleurs et entonnaient l’hymne national Kassamane. Après, c’est au tour d’une jeune écolière qui prit le micro pour souhaiter d’une part, la bienvenue à l’assistance très émue et lui rappeler d’autre part, le parcours historique de cette école qu’on ne peut dissocier du combat de Cheikh Belhaddad, car c’est lui qui l’a fondée aux environs des années 1850 comme medersa où était enseigné le Coran, puis séquestrée par le système colonial en 1875 pour la reconvertir en école de langue française en 1905, et devenue après l’indépendance école Bounzou-Zoubir et ensuite Cheikh Belhadad, nom qu’elle garde à ce jour. Ensuite, la délégation a été conviée à visiter trois galeries où sont exposés des objets d’art, des photos de l’école, des villages de Seddouk et de Béjaïa, des manuscrits, livres, des coupures de journaux traitant du parcours historique de Cheikh Belhaddad, ainsi que ses portraits et ceux des héros de la glorieuse révolution de Novembre 1954, et des toiles et gravures réalisées par les élèves. A midi, la délégation s’est ébranlée vers le village Seddouk Oufella pour effectuer le pèlerinage à la zaouia de cheikh Belhaddad. En cours de route, les membres de la délégation se sont arrêtés à un domicile mortuaire où ils ont présenté leurs condoléances aux parents de la défunte et assisté à l’enterrement. Ensuite, ils se sont rendus à Thakhalouith ou un membre d’organisation a prit la parole pour dire : “toute l’importance d’un tel site qui est un lieu de pèlerinage pour des milliers de visiteurs” sans omettre de retracer la vie de cheikh Belhaddad qui naquit en 1790, d’une famille modeste, fonda vers 1850 une medersa, déclencha en dépit de son âge avancé (80 ans) un soulèvement des masses paysannes contre l’oppresseur colonial que menèrent ses deux fils Aziz et M’hand en collaboration avec El Mokrani. Après une année d’une guerre farouche, l’armée coloniale après sa victoire a mené une répression sans égal en déportant les chefs et les guerriers vers une île du Pacifique (Nouvelle-Calédonie), en séquestrant les meilleures terres des riches plaines et terroirs dont la medersa et en infligeant des amendes aux paysans. Au retour, les convives ont été invités à savourer un couscous traditionnel local. Dans l’après-midi, après la remise des prix offerts par la direction de la culture de Béjaïa, à titre posthume aux trois anciens enseignants de l’école décédés (Oulghadi Med Améziane, Naït Ighil Med Ouali et Aït Khelifa Ouali), au doyen de l’établissement (âgé de 88 ans) et à treize meilleurs élèves de l’année scolaire en cours. Ce sont les chorales de Bouzerzour, de l’association Allaoua Zerouki et la troupe de théâtre cheikh Belhaddad qui ont égayé la foule.
Enfin, diverses rencontres sportives ont eu lieu depuis le 03/04 et ne s’arrêteront que jusqu’à la fin de ces festivités.

L.Beddar

in la depeche de Kabylie du 10 avril 2005

L’association des « Amis de l’Ecole Cheikh Ahaddad  » est née

L’association “Les amis de l’école cheikh Ahaddad” est née

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Le wali de Béjaia, recevant mercredi les membres du comité d’organisation des festivités du Centenaire de l’école cheikh-Ahaddad, avait promis d’envoyer dans les plus brefs délais une commission pour élaborer une fiche technique globale nécessaire à son aménagement.

Le lendemain, tôt le matin, une délégation composée du chef de la daira de Seddouk, du président d’APC, et du responsable de la Duch s’est rendue sur les lieux pour relever les insuffisances que recèle cette école afin de lui dégager un budget spécial approprié.
Dans l’après-midi, le directeur de la culture de Béjaia, leur emboîtant le pas, s’est rendu lui aussi à Takhelouith de cheikh Ahaddad pour constater son état de délabrement et dégager les fonds nécessaires à sa reconstruction.
Toujours, dans l’après-midi, l’école a renoué avec ses anciens élèves, venus créer l’association intitulée “Les amis de l’école”. Ils affluaient de partout en auto ou à pied, chacun à tenu à honorer de sa présence un événement inédit, car “on n’assiste à un centenaire qu’une fois dans sa vie!” dit on.
L’école en goguette, se languissant au soleil de printemps, nonchalante et superbe. Un monument du savoir auquel chacun s’empresse de retrouver ? Tous les regards se figeaient sur ces ostentatoires mémoriaux et séculaires qui rappellent le bon vieux temps, quant ils étaient tous des anges. En plus des salles de cours, du préau, des toilettes et de la grande cour, la plus remarquable est la cloche.
Suspendue au même endroit elle a invité, peut-être, certains pour une dernière fois, les amis de l’école à rentrer à la cantine faisant office pour la circonstance de salle de réunion.
Avant l’entame des travaux, la cour de l’établissement grouillait de nostalgiques de tout âge et les retrouvailles vont bon train avec ces accolades et ces souvenirs émouvants entre personnes qui ne se sont pas vue pendant des décennies ! Ce sont les anciens des années 1940 qui ont ouvert le bal.
Au nombre de sept, assis autour d’une table, dans la cour de l’école, sous un soleil doux et printanier, scrutant de temps à autre la montagne d’Achtoug encore nappée de la poudreuse qui caresse la vue, dépayse le regard et impressionne l’esprit et posant pour un film face à la caméra remémorent les années fastes de leur jeunesse passée dans cette école.
La palme d’or est revenue à M. Oulghadi Youcef, un intellectuel à la mémoire impeccable, malgré le poids de l’âge, a raconté avec des détails près, tout ce qui se réalisait en son temps : du journal qu’imprimait l’école, à la correspondance avec les élèves des écoles métropolitaines aux excursions dans les champs ou en ville. Le groupe a déploré l’absence inattendue de Hadj Meziane, doyen de l’école et seul encore en vie de la génération qui a fréquenté l’école durant les années 1920.
A l’intérieur de la grande salle, la génération post-indépendance, dans une ambiance conviviale, s’est réuni afin de dégager un bureau de 15 membres qui puisse prendre les destinées de l’association qu’ils venaient de créer. Lors d’un débat d’une correction exemplaire, plusieurs personnes ont pris la parole pour formuler des suggestions. Le bureau constitué est composé de 13 hommes et de deux femmes comme membres permanents et de plusieurs membres d’honneur parmi leurs aînés.

L. Beddar

in la dépêche de kabylie du 13 mars 2005

SEDDOUK/ Centenaire de Cheikh Ahaddad

SEDDOUK/ Centenaire de Cheikh Ahaddad

Le comité d’organisation à pied d’œuvre

“ Je suis venu vous informer que le ministère de la Culture a dégagé une enveloppe de 5 000 000,00 da pour les festivités, notamment la création d’infrastructures culturelles ou historiques”, c’est ce qu’a déclaré le représentant de la direction de la culture de Béjaïa lors de la réunion, la troisième du genre, tenue jeudi dernier, dans l’enceinte même de l’école, par les membres du comité d’organisation et les invités composés essentiellement d’anciens maîtres et élèves de l’école, de représentants de l’Etat au niveau de la wilaya, des responsables d’associations, de notables des villages…, laquelle a été consacrée à l’enrichissement et à la finalisation d’un programme riche et varié qui aura certainement des effets durables dans le temps et dans l’espace, comme le souhaitent les organisateurs qui travaillent d’arrache-pied et ne lésinent sur aucun moyen pour la réussite de l’événement. Le directeur des affaires religieuses, lui emboîtant le pas, a annoncé lui aussi que : “Le wali de Béjaïa, à la demande de sa direction, vient d’allouer une somme de 500.000, 00 DA pour la reconstruction de thakhelouith de Cheikh Ahaddad « .
En effet, depuis 15 jours, l’école Cheikh Ahaddad de Seddouk Ouadda connaît une ambiance particulière et des plus fébriles, suite aux préparatifs de la célébration de son premier centenaire et la commémoration du 134e anniversaire du soulèvement insurrectionnel d’avril 1871.
Après deux semaines de palabres, ponctuées par trois rassemblements où un programme portant sur diverses activités culturelles et sportives a été concocté et concernera des conférences qu’animeront Dehbia Abrous, Mahfoud Kaddache et Mohamed Cherif Ben Cheikh, des expositions qu’assureront l’association Gehimab et les élèves de l’école, des films intitulés Les Kabyles du Pacifique de Mahdi Lalaoui et Le sang de mai ensemençait novembre de René vautier seront projetés, des pièces de théâtre Fadhma N’soumeur du TR Béjaïa et Cheikh Ahaddad de l’association Allaoua Zerrouki de Seddouk seront jouées, des galas seront donnés par les artistes locaux, dont le chanteur Bouzerzour (chanteur très populaire, qui aime répéter avec fierté qu’il a grandi dans cette école comme élève d’abord et enseignant ensuite), des rencontres culturelles comme les inter-lycées auront lieu, aussi plusieurs rencontres sportives dans différentes disciplines seront au rendez-vous, un concours sur l’histoire sera ouvert pour les élèves de l’école.
Devant une assistance nombreuse, M. Djellouah Mohand Larbi, directeur de l’école et président du comité, a ouvert les débats en souhaitant la bienvenue aux présents pour lesquels il a expliqué l’importance d’une telle célébration qui se veut différente des précédentes : “Si dans le passé, on rendait hommage au guerrier, cette fois-ci, nous voulons mettre l’accent sur l’aspect du parcours historique de l’homme érudit que fut Cheikh Ahaddad qui était non seulement un guerrier, mais aussi une référence religieuse et humaniste”, laisse-t-il entendre. Continuant dans son allocution, il lança un appel à toute âme charitable, producteurs culturels et autres, qui veut contribuer par une aide matérielle ou culturelle de se rapprocher du comité pour se faire connaître. La parole fut cédée ensuite à Adjaoud Rachid, ancien élève de l’école et membre du comité, qui a tenu à préciser, dans un document lu à l’assistance, que : “L’école était auparavant une médersa (thamaâmarth) fondée par Cheikh Ahaddad et construite sur ses propres terres sises à Lokri ou étaient dispensées des études coraniques aux étudiants qui affluaient des quatre coins du pays, laquelle a été séquestrée par les colons français pour la reconvertir en école francophone baptisée école Seddouk Ouadda”. Continuant dans la foulée, il a exhorté les présents à contribuer à l’enrichissement dudit document tout en suggérant la réalisation d’un film où seront immortalisés tous les témoignages de ceux qui veulent apporter leur contribution sur la vie de la médersa et de l’école. Beaucoup d’autres intervenants ont pris la parole pour relater tour à tour le parcours historique du juste dont la renommée a dépassé nos frontières. Nous citerons, entre autres, l’inspecteur d’académie de Seddouk, le directeur des affaires religieuses de Béjaïa, le représentant de la direction de la culture de Bejaïa…
Enfin, une quatrième réunion est prévue pour la création de l’association des Amis de l’école. “Cette fois-ci un grand nombre de personnes sont convoquées et attendues”, dira M. Aït Radi Chabane qui enchaîna : “Il est question aussi de soumettre la réflexion sur l’éventuelle création d’un musée et d’une bibliothèque scolaire dans les deux anciennes salles construites séculairement et qui seront retapées pour la circonstance”.

L.BEDDAR

in la dépêche de kabylie du 05 mars 2005

Seddouk Ouffella :Incendie criminel

Seddouk Ouffella :Incendie criminel

DANS la nuit de lundi à mardi, le véhicule d’un particulier a été trouvé calciné sur la placette du village Seddouk-Oufella, bourg situé à environ 9 km du chef-lieu de la commune de Seddouk. Les habitants de ce village avaient pour habitude de garer leurs voitures à cet endroit, réputé être sans risque. L’attention des villageois a été attirée lorsque la bande de malfaiteurs a voulu forcer une des portes de la mosquée dans le but supposé de dérober les objets de valeur s’y trouvant. Mal leur en prit, puisque l’imam de ce lieu de culte donna l’alerte, ce qui a fait fuir les voleurs. On apprend que l’imam voulant déposer plainte, a été orienté par la sûreté de daïra vers la brigade de gendarmerie de Beni-Maouche, habilitée, territoralement, à agir. Cette mesure, quoique adéquate avec le champ d’intervention des différentes services de sécurité, risque de pénaliser les citoyens de la périphérie de Seddouk, beaucoup plus près géographiquement, des services de police de leur chef-lieu que le la brigade de Beni-Maouche. Il est à signaler que cette affaire est la quatrième du genre, après une plus proche de nous, le vol à main armée d’un citoyen. Ces trois affaires, dont La Dépêche de Kabylie s’est fait l’écho, ne sont pas encore élucidées. Il est fort probable que ces quatre affaires soient « l’œuvre » d’une seule et même équipe. Mais attendons les résultats de l’enquête diligentée par les gendarmes de Béni Maouche pour se prononcer. Néanmoins, il est permis de croire que le dépôt de plainte de l’imam aidera grandement dans l’indentification et, pourquoi pas, l’arrestation de cette bande qui sévit, maintenant, depuis plus d’une année dans le même village.

Rachid Chiha
Article paru dans « la dépêche de Kabylie  » du 26/02/2004