Timezla n tmecret ilmend n l’aid

 

Timezla n tmecret ilmend n l’aid
Deg Sedduq-Ufella

 Lluziaa d laada yughen ddeqs-aya amur meqqer gar yimezdagh di tmurt n Leqbayel. Sedduq-Ufella, d taddart gar tudrin i d-yeskeflen l’aada ilmend n Laid amezzyan. Ddaw l’aanaya n tejmaaat n l’aaqqal, imezdagh n taddart, am umeqqran am umezzyan, zdin ighallen gher lluziaa i d-gan ilmend n L’aid amezzyan. Anagar kfan tazzalit d umsalem, l’Aaqqal yakk d yimezdagh, yelsan talaba d tajdit  am warrac am yergazen am yemgharen, ughen amdhiq deg Lberdj, abrah anda ara sukken i 5 yezgaren i d-ughen. Drus n tallit kan akka, imeqqranen n taddart Sedduq-Ufella, bdan agezzer, mi kfan rran gher rrif buzelluf d yidharren i semttuttlen deg teglimt, ara suffghen s ssuma iman-is ; ur teddun ara deg texxamin. Ughalen-d gher ugerbuz d tkerciwin, ferqen-ten ghef 300 tuntin – d azal n twaculin yellan deg taddart negh berra i taddart i d-isawlen ad kkin deg lluziεa –. Gar tuccar, agezzar, i d-izenzen izgaren, ur d-yessedda ara deg le?sab n lexlas tikerciwin d buzelluf.

 
Γef lluziaa, acu i tezmer ad d-ternu yelha ? Yerra-yagh-d awal ghef usteqsi ?Oumar Useεdun, yenna-d : « I nekni d asekfel n laada taqbaylit, i nssaram ad d-teqqim d tikci i tsutwin i d-yettlalen, yes-s nwala nettleqqim tadukli d lferh, ladgha mi ara ttwazerεen deg wulawen ttbinen-d ghef wudmawen. Akken daghen ara yelheq yes-s uzzawali ad yenfeq i uxxam. » Arrac ula d nutni lehna, turart d zzhu, ughen azzar deg wul-nsen.  Mi kfan afraq, at taddart bdan ttnejbarren s ixxamen-nsen, deg ufus tacekkart tetchur, akken ad d-heyyin seksu s uksum n lluziaa ara sibnen.
Mohand Ait Ighil

L’éternel est-il Algérien ou inhumain ?

 

Le 2 et 3 Juillet passés, j’étais dans le petit village Seddouk Ouffela lieu de naissance du Saint Cheikh Al Haddad dans la région de Bejaia. Au mausolée de Cheikh Al Haddad, j’ai entendu les vieux d’hier dire les uns aux autres : Ils ne nous connaissent que s’ils ont besoin de nous. Ah bien sûr, quand il fallait les cacher, pendant la révolution, les nourrir, ils savaient nous trouver. Ils se regardent ; personne n’est sûr de garder le rang qu’il occupe. J’ai aussi entendu les vieux de demain dire aux vieux d’aujourd’hui : tout de même vous avez fait votre devoir, vous méritez tout respect et nous reconnaissons votre bravoure. Rappelez-nous, s’il vous plait le devoir de nos fils. Ces paroles m’ont clouée le désespoir dans mon cœur. J’ai entendu une fois de plus les jeunes d’hier dire : regardez les- ces jeunes d’aujourd’hui des qu’ils peuvent ils ne pensent qu’a repartir. Repartir …vers la mer …. Nos jeunes pensent que l’espérance du bonheur est rêve en Algérie. Le luxe des rêves perturbe le sommeil des dirigeants. Le miel du pouvoir est amer. 
 A défaut de repère, au-delà de la mer, jeunes et moins jeunes cherchent leurs repères. Ils ont le regret de ne pas être nés ailleurs ! D’où vient cette idée étrange ? D’où vient cette idée de fuir le pays ? Corps et âme détaches ! Corps en Algérie et âme ailleurs. Perdu dans le flou et l’improvisation, ils essayent de choisir entre rester dans un ici incertain ou de s’évader vers un ailleurs peu probable ! Ces paroles m’ont touché au cœur. A vrai dire je ne suis pas de ceux qui critiquent mais je suis de ceux qui constatent. J’ai été a l’école et j’ai bien appris la leçon du jeune dans les vers de Corneille : Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées La valeur n’attend point le nombre des années. Les jeunes algériens si brillants ailleurs s’éteignent dans l’obscurité chez eux. Pour ne pas obscurantisme. La glace politique (pour ne pas dire classe) pense que Corneille est encore algérien comme eux sont encore français. D’un bout de l’Algérie a l’autre le mécontentement est général. Toutes les discussions finissent par cette question : qui peut prévoir ce qui se passera d’ici a trois ans ? Les visionnaires en Algérie n’occupent plus le terrain .
A entendre cette phrase, tout s’est effondré, tout ce qui a soutenu ma longue carrière d’éducateur a l’université : patrie et démocratie solidement unies dans mon cœur, progrès, science, technologie tout cet idéal sincère que j’avais servi de mon mieux. J’évoque aujourd’hui les heures lourdes où le désespoir règne partout dans ma chère patrie. Je sens le dégoût et le désarroi qui rongent les esprits de nos adolescents. La mauvaise foi se développe et comme chaque année nous en suivons son progrès avec un sentiment de peur sans limite concernant le devenir et l’avenir de nos enfants.
Nous pouvons plus retrouver nos points de repères habituels : sagesse, honnêteté, dignité, intégrité, justice, franchise et honneur. Je me rappelle comme c’était hier : ces repères étaient bien algériens.
Entre le mal et le bien nos cœurs se déchirent, entre le bon et le mauvais nos âmes s’égarent. Nos yeux n’ont plus le pouvoir de distinguer le grain de l’ivraie. Le médiocre trouve sa place dans un système sclérosé par la corruption. La compétence se cherche une vie meilleure dans un monde ailleurs. Dans le vide où notre esprit se cherche, d’autres repères se sont installés : argent, pouvoir, despotisme, absolutisme, délinquance, égoïsme, mal, mensonges, déshonneur, drogue et lâcheté. Ces repères étaient peut être chez nos voisins mais pas chez nous. Le rythme lent de la loi et la mal formation du citoyen renouvellent chaque jour des positions chimériques des soit disant « nouveaux repères ». Les qualités nobles et les valeurs humaines glissent dans un monde
malsain et malin où les affaires et les intérêts imposent politiquement leurs frontières. Dis moi combien tu possèdes je te dirai qui tu es !
Au-delà des limites morales des poches se remplissent trop vite et des âmes se vident de toute qualité humaine. Le cynisme frise l’impudence. Une atmosphère lourde de suspicion, de silence, de colères sauvages, de haine couvre notre pays : Que cela finisse vite et Dieu nous protège !

Il ne faut pas oublier que les ingénieurs du chaos plaident hypocritement dans les colonnes des journaux a grands tirage un enseignement de qualité et de valeur alors que la vérité est un enseignement axe sur le mensonge. C’est ainsi qu’un musicien charlatan (de Tlemcen) se substitue aux chercheurs algériens et découvre sans aller a l’université un type de fil chirurgical pendant la décennie noire. Cette découverte grandiose fut annoncée a la Télévision Algérienne de l’époque. C’est certainement avec ces méthodes d’information qu’on avait empoisonné ce peuple. C’est avec cette mécanique a sens unique que la télévision du tout va bien Sid El Hadj nous versait a chaque journal d’information l’abominable breuvage qui nous fait délirer. 
Hélas les pauvres cerveaux de nos enfants sont abêtis de servage moral ( pour ne pas dire esclavage) et de misère intellectuelle ( pour ne pas dire ignorance ). Ils sont la proie facile de faussaires, des menteurs et des exploiteurs de la crédulité publique. Cela suffit pour expliquer la somnolence de la conscience de nos jeunes citoyens et le néant culturel ou sommeille l’intelligence de nos enfants nés après 1988. La majorité de ces jeunes ne veulent plus voir les vieux fantômes sur le petit écran algérien. Ils disent que ces vieux sont dégoûtants. Leur présence les oblige a pousser le bouton de leurs télécommandes pour changer de canal des que leurs ombres frôlent le petit écran cathodique. Ces vieux fantômes nous font peur et font peur a nos petits enfants. Ils terrorisent le peuple par leurs idées congelées et leurs discours absolus. Ils jouent aux aveugles et ne voient jamais comment la mémoire des temps se perd pour différentes causes. Ils gèrent le conflit de générations comme un mode vie algérienne. Les jeunes fuient en avant.
Rage, désespoir et malheur a la vieillesse carcasse adversaire ! Au pays des miracles, le mensonge est symbole de souplesse pour ne pas dire noblesse. Quelle honte ! Un responsable âgé de plus de 75 ans ment et nous présente la démagogie comme une science moderne. Chez cette personne, mensonge est politique. Une autre plus âgé que lui s’improvise docteur aux lieux saints ! Entre la solidarité et la religion le mensonge fait bien connexion. Hélas ! et mille foi hélas !
les âmes bien nées adossent les murs et les vieux menteurs reviennent au gallot. Plus de tètes bien faites ! Plus de « nez » symbole de fierté ou d’honneur chez les algériens. C’est le monde du magot. L’argent parle a un peuple qui aboie. La haine et vengeance des têtes carrées nous font comprendre que les têtes rondes n’excitent plus en Algérie. C’est le temps des têtes carrées ; ceux qui répètent a longueur de journée : Mon excellence monsieur le président sous les feux des caméras et bruit les ondes sonores ! C’est le temps des flatteurs. C’est le temps du sans mentir si votre ramage se rapporte a votre plumage vous êtes le Phénix de hautes de ces bois. A croire que s’ils partent l’Algérie va couler.

Tout ressemble a rien dans un pays détruit par le sectarisme et le charlatanisme. De rien on a fait un tout. Dans ce tout bien fait la baraka veut « Tou » ne fait rien. Dans le royaume du vieux Roi Dagobert, tout le monde a mis sa culotte a l’envers. Dans ce dit royaume l’improvisation est discours de la méthode ! Le superficiel remplace le profond. Je suis (j’accompagne) est synonyme de je suis (j’existe).
Dans la république de l’absurde la vie des jeunes algériens n’est pas chère. Elle se noie au large des cotes algériennes et s’enterre dans le liquide. Que se passe-t-il dans mon pays ? L’argent vous fait paraître et le liquide vous fait être. Dans le monde de l’être les uns disent que notre ami est de bonne race et même de bonne foi. Il est de ceux qui se souviennent et reviennent. Mais dans le monde du paraître, les autres pensent de lui autrement. Ils pensent que notre ami semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. Il est partout, contrôlant tout, donnant des conseils et ordres. Entre ces deux tendances des lâches profitent. Je connais les uns et j’entends parler des autres.
Les malheurs de nôtre pays n’ont d’autres causes que le déclin de la morale sans oublier la montée en flèche de l’ignorance. L’argent a tué la morale et l’ignorance a créé des tartuffes modernes.
L’esprit de paraisse et la mentalité de jouissance dominent l’admiration algérienne. L’avoir et le paraître ont effacé l’être. La classe politique est faite de nouveaux riches qui ignorent toute loi et contrôlent l’administration. La dernière nouvelle parle des arrivistes et des fils de harkis qui s’improvisent patriotes ou révolutionnaires. Les sorcières, les voyantes et les magiciens sont pris
pour des visionnaires et donnent conseils. Résultat : a force de répéter un mensonge il devient vérité. 
Dés 1983, je le disais a mes étudiants « le luxe de façade ne va pas durer longtemps, ça finira mal dans notre pays ». Et quand le malheur est arrivé en 1988, le désordre, la « pagaille » ont fait surface. On ne savait pas s’il fallait pleurer notre passé glorieux ou accepter avec honneur la jouissance de notre mauvaise gouvernance. Les « combines », le gaspillage des deniers publics, le vice des affaires dessinent bien l’état du lieu ou nous vivons. La vieillesse maudit la jeunesse. L’ignorance insulte savoir ! Le silence règne et tout le monde trouve son compte. Le peuple a perdu la façon de raisonner, sans dire la raison. Le bilan final indique : la sommation des raisons individuelles est trop inférieure a la raison collective. L’égoïsme nie la raison universelle.
Bien sur, notre homme de base était jeune autrefois. Je le dis et sans arrière pensée. Les jeunes d’autrefois étaient fiers de leur élégance algérienne. Leurs pères, leurs maîtres et leurs cheikhs ont bien façonné cette élégance. La vie avait un sens autrefois. En Algérie du 21 siècle : A quarante ans on est encore jeune. On cherche un boulot. On cherche un appartement et une femme pour établir un foyer.
Ici gît le malheur de l’Algérie dite moderne.

Dans le vide les paroles s’atténuent mais dans le silence les bonnes paroles se propagent. L’âge du marchand d’illusion va se terminer et le temps va nous démontrer que quand la malice et la fausseté de ces sans-patrie et sans-Savoir sont a leur comble nos enfants se secoueront et chasseront avec force cette calamité a corruption exagérée qui détruit l’âme et la morale. 
 En conclusion : même si les jeunes d’autrefois ne cèdent pas la place aux jeunes d’aujourd’hui, ce phénomène ne va pas durer longtemps.
L’Eternel n’est pas humain. L’Éternel seul est Seigneur. Seul il est dominateur sur les algériens. Une chose est certaine : l’Algérie de demain est n’est pas pour ceux qui étaient jeunes en 1962.

 Dr.Omar CHAALAL

Ensemble culturel Cheikh Aheddad

?

Une grande affluence touristique

 Depuis la ré-inhumation du Cheikh Bel Haddad et son fils Aziz dans leur village natal le 03 juillet écoulé et tout ce que l’événement a suscité en ferveur et intérêt de la part des hautes autorités du pays, de la population et surtout de la part des médias qui ont fait une couverture médiatique sans précédent pour l’évènement qui a placé toute la région sous le projecteur pour un laps considérable de temps, le village de Seddouk Oufella n’a cessé de drainer des foules de plus en plus importantes de visiteurs.

 

Des visiteurs venant de tous les coins du pays, des associations, des élèves venant dans le cadre de sorties pédagogiques, des familles venant de différentes wilayas du pays, mais aussi des familles d’immigrés se trouvant en visite dans le pays. Le village à présent suscite l’intérêt même des sociologues, d’anthropologues et de chercheurs venant de l’intérieur du pays et même de l’étranger. Poussés par l’envie de se recueillir auprès de la tombe du Cheikh mais aussi par la curiosité de découvrir l’ensemble culturel, le projet cher au président de la République qui a recommandé lui-même la réinhumation des héros et la réalisation du projet dont le grand mausolée qui abrite les tombes du Cheikh et ses deux fils Aziz et M’Hend, d’une architecture exceptionnelle melangeant le moderne et l’original et doté d’une géante manara de plus de 40 mètres de hauteur qui permet de voir non seulement la région de Seddouk mais toute la vallée de la Soummam à travers ses grandes vitres. Le mausolée est une vraie œuvre d’art. A l’intérieur on y trouve exposés même des objets utilisé par le Cheikh et certaines de ses œuvres dont un dictionnaire bilingue arabe/kabyle et des livres traitant surtout de la religion et le sophisme. Dans le prologue de l’un des livres exposés, le Cheikh dénonce certains dérapages et détournements des vraies valeurs de la religion. L’exposition de ces œuvres et la réalisation de ce projet en général se veut avant tout une réhabilitation pour la personne de Cheikh Bel Haddad mais aussi une initiative de corriger l’image de ce héros qui est longtemps associé au charlatanisme et aux légendes imaginaires tissées par ignorance par la pensée populaire pendant la période coloniale et encouragée à se propager par l’administration coloniale. D’ailleurs “une série qui a passé récemment sur une des chaînes de la télévision nationale n’a pas manqué de stéréotype et de falsifier l’image du Cheikh en le présentant comme un vieux charlatan qui croit à la médiation des aïeux et des saints dans ses prières pour Dieu or, Cheikh Bel Haddad a toujours combattu ces fausse croyances, car avant d’être un guide spirituel pour l’insurrection de 1871, il était un homme de foi et un savant qui s’est bien approfondie dans la religion et qui a su la défendre devant la montée du christianisme en puissance par le biais des pères blancs”, dira M. Bettache, le responsable de l’ensemble culturel. Sa zaouia dite Lokri a joué une grand rôle dans ce sens, elle était un lieu de savoir d’ailleurs elle a formé de grands savants comme Cheikh El Kadhi, Cheikh Boudjlil, Cheikh El Mouhoub. Et beaucoup d’autres. En plus de son rôle social et culturel notamment lors de la famine de 1866 à 1868 où elle a donné nourriture et soins à la population. Pour rappel, c’est au Souk de M’Cisna à Seddouk actuellement que le Cheikh a appelé au Djihad, sa fameuse phrase prononcée dans son allocution “la décision est délicate mais nous devons la prendre” montre clairement qu’il était complètement conscient de l’ampleur des conséquences, d’ailleurs, son objectif était de creuser une fosse entre la population et le colonialiste. Et n’a compté aucunement sur les saints et les esprits pour l’aider. D’ailleurs, un fond documentaire authentique et important est disponible au niveau du mausolée pour les visiteurs qui veulent se renseigner et s’informer un peu plus sur la personne du Cheikh. En outre, l’ensemble culturel Cheikh Bel Haddad contient aussi Akham n’Elkhouan ou la maison des adeptes qui est soigneusement restaurée pour garder son architecture islamique et sa spécificité locale. En plus de l’ancienne mosquée, d’anciennes maisons de la famille du Cheikh, Takhlouit où il s’isole pour lire le Coran et méditer Dieu, Thaâouint ou la source où il fait ses ablutions en plus d’autres anciennes sources d’eau potables. Tous ces monuments sont reliés entre eux avec des pistes et des ruelles bien entretenues pour créer un ensemble touristique digne d’être visité. Sur les bords de la route menant au mausolée des jeunes proposent des photos, des photos et des films documentaires en CD et DVD à des prix abordables, traitant la vie de Cheikh Bel Haddad, l’histoire de la région mais ils parlent surtout de l’insurrection du 8 Avril 1871. Faut-il le signaler le village de Seddouk Oufella est implanté sur le mont de la montagne d’Achtoug qui domine toute la région, connue par ses nombreuses sources d’eaux potables d’où la verdure de ces champs et jardins même pendant la saison des chaleurs. Les anciennes maisons côtoient harmonieusement les nouvelles pour créer un tableau magnifique typique d’un village kabyle dont les racines s’enfoncent au plus profond de la terre tout en fixant le regard sur l’avenir. Toutefois, ce n’est sûrement pas la beauté de ses paysages ni la douceur de son climat à eux seuls qui sont à l’origine de l’affluence de toutes ces foules de visiteurs pourtant avides de beauté naturelle et d’authenticité.
M.C. Aït Meziane

 

Asaru n Ccix Aheddad d tarwa-s

 

ASARU N CCIX AH’EDDAD D TARWA-S

 
Tiz’rigin MELOVISION, tesnulfa-d asaru n talgha documentaire, ghef lebni yakk d ureqqeâ n uxxam n Ccix. S leqdic-a, Melovision, iga-d tajmilt meqqren i taddart Sedduq Ufella yakk d lecyax-is, Ah’eddad d warraw-is.
Aseggas-a 2009, ayen yeεnan lfen, di tghiwant n Sedduq cwit’ kan akka i d-yellan, yerna s uh’eccim. Hah d ad’ebsi negh sin, hah d taceqquft negh d asarag. Omar Usaâdun, aselway n tez’rigin, yeddem rray a d-isuffegh asaru s senf documentaire ilmend n Ccix Ah’eddad d sin warraw-is. Ayen akk isemnennin deg wach’al-aya d asaru ghef lecyax yakk d taddart Sedduq Ufella, ayen akk yejmeâ d lkenz Omar s teghzi n tlata yiseggasen, ass-a imudd-it-id i medden d asaru-documentaire.
Mi tet’t’fed’ gar yifassen-ik ad’ebsi, ulac acu ara s-d-tekksed’ ghef tghara ama n usewwer ama n usali n usaru-documentaire. Asaru-documentaire yebna-d ghef yiwen ud’ebsi DVD, negh ma yebgha h’ed a t-yaf d sin n VCD, ssuma-ines terxes ; win iâeddan yezmer a t-id-yagh.
Asaru-documentaire yebd’a ghef sin yeh’ricen. Amezwaru yettat’t’af 25 ddqiqa, yeâna areqqeâ n uxxam n Ccix yakk d lebni n tqerrabt.
Ma d ah’ric wis-sin yettat’t’af 55 ddqayeq, yebda-d seg uheyyi n lecghal, ama deg taddart gar yimezdagh-is ; ama deg tzeqqa n tghiwant d yemsult’a. syin akkin yughal gher Qsentina, anda tejba tesqamutt n twacult n Ccix akken ad sutren ighessan n Ccix Ah’eddad d mmi-s Âziyez deg uselway n tghiwant. Syin d afella d abrid n tughalin gher taddart, armi d timd’elt tikkelt tis-snat n yighessan n lecyax. Leqdic merra yemttuttel, yedhen s udiwenni s teqbaylit, yakk d tmuzigt tamerkantit n Mohand Bouzerzour.
Asaru-documentaire-a yesken-d belli curken akk medden deg leqdic-a. am umez’yan am umeqran, am tmet’t’ut am urgaz. Akken ladgha i t-id-isefra Omar Useâdun « Deg documentaire-a, imdewwel (acteur) amezwaru d imezdagh n temnat’-a-nnegh. »   
Γef wach’al n lweqt sâeddan akken a d-yali asaru-documentaire, Omar yerra-d : « Sin wagguren. Ayen yellan d allalen asadri (professionnel) isuâed-agh nezzeh. Yerna wa nuzzel akka deg leqdic fell-as ghef l?al yemdanen yuysen ad walin asaru-documentaire. »
Acu-t yiswi n leqdic-a i Omar. « At’as n yeh’ricen i d-yezzin i leqdic-a. amezwaru, nebgha a d-nmudd i wid ur neh’dir i temd’elt yiwen usaru-documentaire sway ara d-iz’er ayen akk yed’ran deg taddart n Sedduq Ufella, seg tazwara armi d taggara. Tis-snat, leqdic-a yeldi-d tiwwura i tegnitt ur ilaq yiwen ad yezgel akken a d-yesken acu yesâa d lkenz deg taddart-is. Tin ara d-igen tat’wiqt i tteh’wis. »
Γef leqdic ajdid i d-yettra?un tiz’rigin, Omar Useâdun, yenna-k « A d-nâiwed i usaru-documentaire-a, anda ara t-id-nerr alamma d 55 ddqiqa. »
Asali documentaire : infos@melovision.net
Lweqt : 25 ddqiqa+55 ddqiqa
Ssuma 200 idinaren
 
Ait Ighil Mohand

La Rahmania dans son berceau kabyle, NOUVEAU LIVRE DE MOHAMMED BRAHIM SALHI

«La période 1870-1871, avec des figures emblématiques comme Cheikh Ameziane El Haddad, consacre la Rahmania dans l’échiquier des rapports de force politique et religieux.»

Le Haut Commissariat à l’amazighité continue d’offrir aux lecteurs des livres qui peuvent s’avérer intéressants, à plus d’un titre, surtout aux chercheurs et aux étudiants. Ainsi en est-il de l’ouvrage de Mohammed Brahim Salhi. Professeur à l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, il publie La tariqa Rahmania, de l’avènement à l’insurrection de 1871. Le livre est une étude qui reprend les données des travaux de l’auteur, réalisés pendant plusieurs années, et vise à donner une idée sur le cheminement d’une tariqa algérienne: la Rahmania.
L’écrivain a choisi, par le biais de tableaux successifs de situer sa fondation, son expansion et les aspects de sa doctrine.
Une partie du livre est consacrée à la séquence historique importante au cours de laquelle la Rahmania s’illustre particulièrement au plan politique et militaire en organisant une résistance à la colonisation. «C’est la période 1870-1871 où, des figures emblématiques comme celle de Cheikh Ameziane El Haddad, consacre la Rahmania dans l’échiquier des rapports de force politique et religieux. Cependant, cela ne se fera pas sans conflit avec des chefs religieux qui se voient concurrencés par l’une des plus récentes tariqa algérienne. Les événements de 1871, ayant connu des développements, nous avons fait le choix d’en rapporter l’essentiel dans une chronologie commentée», précise l’auteur. Ce dernier commence par développer, dans un premier chapitre, la Rahmania et son insertion dans le tissu religieux kabyle, puis la Rahmania hors de son berceau kabyle.
L’auteur revient sur les fondements doctrinaux de la spiritualité qui caractérise la tariqa Rahmania.
Dans un autre chapitre, il est question de décortiquer la poésie kabyle se rapportant à Dieu. Plusieurs autres points peuvent être découverts par le lecteur qui s’intéresse à cette question.
On pourrait citer la biographie de Cheikh Ameziane, El Haddad, la montée en puissance de la zaouïa Rahmania de Seddouk, les relations entre les chefs algériens à la veille de l’insurrection de 1871, la situation dans les tribus à la fin de l’année 1870, le déclin de Seddouk et l’émergence de nouveaux pôles, puis un aperçu général sur la Rahmania de Kabylie après 1871.
La Rahmania est une tariqa algérienne qui est souvent évoquée ces dernières années, rappelle l’auteur, qui précise qu’il serait long ici de faire le point sur la redécouverte du patrimoine soufi et mystique algérien: «Il faut simplement noter que ce secteur de la spiritualité algérienne sort désormais d’une période d’occultation et contribue à ouvrir une réflexion et un besoin de connaissance qui s’expriment régulièrement dans les médias mais aussi dans les questionnements des jeunes chercheurs en sciences sociales en particulier dans de nombreux séminaires et colloques.»

Aomar MOHELLEBI

Vers la création d’un club de parapente à Seddouk Oufella

Billel, un jeune parapentiste de fer

"Reste encore le problème du matériel nécessaire pour le vol, surtout qu’il se fait rare et trop cher, là mon frère m’a aidé en me l’envoyant de France et l’aventure commence pour moi. Cela fait un an et demi”.

 

Il s’appelle Billel, il est du village de Seddouk Oufella, c’est l’un des descendants de cheikh Belhaddad d’ailleurs, il a à peine 20 ans. Il n’a fréquenté aucune école de parapente et il n’a effectué aucun stage mais grâce à sa volonté et à sa persévérance, il a su maîtriser ce sport et l’honneur d’être le premier à le pratiquer et l’introduire dans la région. Sa seule école, fut l’Internet. Ambitieux et surtout déterminé, il ne veut pas s’arrêter là, mais il veut partager sa passion et faire découvrir aux jeunes de sa région le plaisir et la sensation de voler par la création d’un club de parapente dont il ne lui reste que l’agrément. “J’ai découvert le parapente dès mon jeune âge et je l’ai aimé tout de suite, alors je me suis mis à apprendre des choses sur Internet et à acquérir le maximum d’informations théoriques, petit à petit, j’ai fait la connaissance de parapentistes de Bouira et Tizi Ouzou qui m’ont beaucoup aidé, surtout dans la maîtrise de certaines techniques. Reste encore le problème du matériel nécessaire pour le vol, surtout qu’il se fait rare et trop cher, là mon frère m’a aidé en me l’envoyant de France et l’aventure commence pour moi. Cela fait un an et demi”. La création d’un tel club peut être d’un grand apport touristique à la région de Seddouk, qui a connu déjà une grande affluence dernièrement, en essayant de réunir sport, loisir et tourisme. Serge est un parapentiste français qui séjourne à Seddouk Oufella chez son ami Bellel, ensemble ils s’adonnent quotidiennement à leur passion, il dit qu’il est ici pour partager son savoir-faire et sa connaissance du parapente. “J’aime beaucoup la Kabylie, c’était mon rêve de la visiter, j’ai voulu trouver quelqu’un avec qui je pourrai faire le parapente, alors j’ai découvert Bellel sur un forum Internet. Vite, on a sympathisé puisqu’on partage la même passion. Sa famille m’a bien accueilli et je suis prêt à lui transmettre tout ce que je connais sur le parapente parce que c’est extraordinaire de trouver quelqu’un qui s’intéresse autant à un sport aussi spécial et compliqué dans une région un peu isolée comme la Kabylie”. Il est bon de rappeler que le parapente est un aéronef dérivé du parachute qui permet la pratique du vol libre. Il est apparu pour la première fois en France, en Haute-Savoie vers la fin des années soixante-dix (70) mais le parapente tel qu’on le connaît aujourd’hui est apparu en 1986. Le parapente se compose principalement d’une voile qu’on appelle aussi l’aile, à laquelle est suspendue une sellette et contient aussi d’autres accessoires et dispositifs (suspentes, commandes, accélérateur, radio, altimètre, variomètre… etc.) L’enjeu est de rester le maximum en haut. Le décollage s’effectue sur une pente, après la vérification et la préparation vient la phase de gonflage. La sensation de voler est sûrement extraordinaire, mais le parapente ne manque pas de dangers que le parapentiste prévient et évite à force d’exercer en apprenant certaines connaissances de l’aérologie, surtout vous les jeunes qui voulez pratiquer ce sport, n’essayez pas de faire comme Bellel avant d’être sûr de pouvoir voler.
 
M. C. Aït Meziane

Retour du cheikh Aheddad à Seddouk Oufella

Une ré-inhumation historique

 

A voir l’immense foule qui a affronté un soleil de plomb, ce vendredi, à Seddouk Oufella, pour assister à la cérémonie de ré-inhumation des ossements de Cheikh Aheddad et ceux de son fils Aziz, c’est à croire que le vénérable savant et révolutionnaire est mort hier seulement.

La veille, à l’arrivée des cercueils en provenance de Constantine, une atmosphère empreinte d’une très forte émotion se lisait sur le visage de toute l’assistance massée à l’entrée du village pour accueillir les restes des héros. Les youyous stridents des femmes et les chants liturgiques des « khouan » montaient très haut dans le ciel et contribuaient à donner une forte charge affective à un événement qui avait des allures de rendez-vous avec l’histoire. « Nous avons ramené mêmes les dalles qui recouvraient son squelette et la terre de sa tombe », nous dira l’un des ses descendants, ému jusqu’aux larmes. Cheikh a été enterré selon la coutume musulmane alors que Aziz, décédé à Paris en 1895, a été enseveli dans un cercueil de métal qui était encore plombé.

Ultime « ziara »

A l’arrivée à Seddouk Oufella, une équipe spécialisée a procédé au transfert des ossements de Aziz vers un cercueil plus seyant. Un cercueil symbolique a été réservé à Cheikh Mhand dont le lieu de sépulture reste à ce jour inconnu. Toute la journée et tout le long de la soirée les visiteurs se sont succédé devant les trois cercueils pour un dernier hommage et une ultime « ziara ». Il faut dire, cependant, que depuis sa mort en 1873, la maison du cheikh n’a jamais arrêté de recevoir des « khouans » de toutes les contrées et des citoyens venus solliciter sa baraka. Ils franchissent la porte d’entrée, en s’inclinant et en prononçant la formule rituelle : « Swanouz a cheikh Aheddad ». Le vendredi, outre les cortèges des officiels, ce sont des milliers de citoyens qui affluaient vers Seddouk Oufella, venant de toutes les régions. Les représentants de plus de 400 zaouïas disséminées à travers le pays ont également répondu à l’appel du cœur.

Vibrant hommage

La cérémonie de ré inhumation a eu lieu après la prière des morts et celle du vendredi. Les trois cercueils, portés par des éléments de la protection civile, ont été acheminés vers l’esplanade du mausolée qui a été récemment construit pour abriter les trois tombes. Un détachement de l’armée nationale était présent sur les lieux pour présenter les armes aux trois martyrs. Après la prise de parole d’un membre de la famille Belhaddad qui a tenu à remercier tous ceux qui ont permis le retour des ossements du cheikh, le secrétaire général de la présidence a donné lecture du message personnel du Président de la république qui a rendu un vibrant hommage au cheikh tout en soulignant son rôle, sa place et son importance dans l’histoire du pays. Ainsi donc, avec le retour des ossements du cheikh, l’érection d’un mausolée appelé à se transformer en lieu culturel dont la mission principale sera de préserver la mémoire du cheikh, le projet d’un musée portant son nom, Cheikh Aheddad retrouve sa place naturelle dans une Algérie pour laquelle il a sacrifié toutes ses possessions, ses biens, sa zaouïa, sa vie et ses propres enfants.

Par Djamel Alilat

Le retour des trois héros Belhaddad

Depuis cinq jours, le village de Seddouk- Oufella dans la commune de Seddouk, à 100 kilomètres de Béjaïa, connaît une effervescence des plus extraordinaires avec l’afflux
de milliers de personnes venues de partout.

Une fête grandiose a été organisée à la mesure de l’événement, car il s’agit du retour de deux enfants prodiges de la région, en exil forcé comme l’a décidé l’autorité coloniale, depuis 136 ans. Il convient de noter aussi qu’il n’est un secret pour personne que cheikh Mohand Améziane, le chef spirituel de la tariqa Rahmania, avant sa mort, a émis le vœu d’être enterré auprès des siens dans son village, ce que les Français lui ont refusé en l’enterrant au cimetière de Constantine. Il en a été de même pour son fils Aziz enterré à ses côtés. «Nous avons pris le départ mercredi tôt le matin et nous sommes arrivés à Constantine à 9 heures. Les autorités de la wilaya qui nous attendaient nous ont accompagnés jusqu’au cimetière où nous avons entamé les travaux d’exhumation.
Fait remarquable, à 2 mètres de profondeur, nous étions gagnés par une angoisse, craignant que nous soyons sur une fausse piste tant que rien ne nous indiquait que c’était le bon endroit. Mais nous avons continué les travaux de fouille et ce n’est qu’en atteignant les 2,60 m qu’apparut le cercueil intact de cheikh Aizir, que nous avons déterré. Puis ce fut au tour de Mohand Ameziane, son père, dont les ossements gisaient juste à côté», nous a indiqué Boualem Belhaddad, arrière-petit-fils du cheikh et membre de la délégation.
Cette dernière, ayant pris le chemin du retour jeudi, a été attendue par des milliers de personnes à Takriets, où un immense cortège s’est formé, prenant la direction du village de Seddouk-Oufella.
Arrivés à ce village vers 11 heures, les cercueils des trois héros du soulèvement populaire d’avril 1871 ont été dirigés vers leur maison, entourés de milliers de personnes repétant des chants religieux et révolutionnaires.
Ils étaient exposés au public recouverts de l’emblème national et chacun avec son
portrait-robot, et ce durant 24 heures. Ce n’est que le lendemain, vendredi vers 15 heures, et après la prière du Dohr, que les trois cercueils ont été transférés au majestueux mausolée accompagnés par une grande foule et des officiels : Saïd Abadou, Abdelhafid Amokrane et un représentant de la présidence de la République chargé de la lecture du message adressé par le président de la République. C’est ainsi que les trois valeureux guerriers ont rejoint leur dernière demeure dans leur village natal, devenu désormais un haut lieu de pèlerinage.
La fête a continué jusqu’à hier, 5 juillet, date de clôture d’un grand événement sans précédent pour le village Seddouk- Oufella à Amdoune-Seddouk.
Le comité d’organisation a mis en place des jeunes surveillants vigilants que les forces de l’ordre ont aidés. Il convient de noter que la fête s’est déroulée dans une ambiance bon enfant.
De notre bureau,  Larbi Beddar

Cheikh Ahaddad retrouve sa terre


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Jeudi, il est neuf heures du matin, une grande foule est regroupée à proximité du siège de l’APC de Seddouk, une commune située à une cinquantaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, pour attendre l’arrivée du cortège qui devait ramener les restes des corps de cheikh Ahaddad  et de ses enfants de Constantine.

est une journée pas ordinaire pour les habitants de cette commune, pour les Béjaouis et pour tous les connaisseurs de cette figure emblématique de l’histoire de l’Algérie. La réinhumation du corps du principal artisan de l’insurrection populaire de 1871 est un événement grandiose qui mérite une célébration et une commémoration à la hauteur de son nom et de ses réalisations ayant capté l’intérêt de plusieurs générations de personnes. La commune de Seddouk s’est préparée pour célébrer cette journée inoubliable.

Les traces d’opérations récentes de revêtement des routes sont encore visibles, tout comme la propreté des axes routiers et de toutes les structures mobilisés pour accueillir les invités. Chants patriotiques, récitals religieux et autres chansons populaires relatant les vertus de cette grande personnalité ont été diffusées au siège de la commune.

Des banderoles et des affiches sont brandies partout pour rappeler cette journée commémorative symbolisant une importante partie de la révolution algérienne, en l’occurrence la révolution populaire.Les milliers de personnes et les délégations, qui affluent à cette commune depuis les premières heures de la journée, suivaient l’information sur l’arrivée du cortège minute après minute.

Il est 10h, l’émotion atteint son comble quant le cortège franchit l’entrée de la commune : des cris, des pleurs et de appels «Allah Akbar» sont lancés de partout. Quelques minutes plus tard, le cortège officiel prend la route de la demeure du cheikh, située à Seddouk Oufella, suivi par une centaine de voitures.

Quelques minutes plus tard, tout le monde s’est retrouvé à l’entrée du village. Sa famille y vit encore. Le dispositif sécuritaire, composé des trois corps, police, gendarmerie et Protection civile, était mobilisé sur place. Un comité d’organisation composé des membres de la wilaya, de la commune et de jeunes de Seddouk était aussi à pied d’œuvre pour veiller au bon déroulement de la cérémonie d’accueil des restes des corps des défunts.

«Allah, Allah, c’est cheikh qui a remporté la victoire»

Les éléments de la Protection civile ont retiré les trois cercueils recouverts de l’emblème national. Une foule composée de milliers de personnes accompagna les trois corps sur un parcours de près de cinq kilomètres. Les jeunes brandissant le drapeau algérien étaient au devant de la scène alors que les plus âgés se sont mis derrière le catafalque.

La foule se renforce et le nombre de personnes grandit. Au fur et à mesure qu’elle avance, elle draine du monde, des youyous, sollicite encore la «baraka» que le cheikh donna de son vivant et donne encore, même après sa mort.

Des récitals religieux en langue amazighe dédiés exclusivement à la mémoire de cheikh Ahaddad, ou «achouik», sont interprétés par les vieux sages de cette commune que les jeunes et les enfants reprenaient au fur et à mesure et tout au long du trajet.
«Allah, Allah, c’est cheikh qui a remporté la victoire, Allah Allah, une personne ne suffit pas pour raconter la grandeur de ce qui s’est passé», «Allah, Allah, c’est cheikh qui l’a remporté, Allah Allah, ne vous inquiétez pas,

c’est de Seddouk que le soleil va se lever», «Allah, Allah, pardonnez-lui, c’est lui le pilier de la religion. Allah, Allah, Mohamed est Ton Prophète choisi dans le Coran», «Allah, Allah, il adorait la prière, la zakat et le hadj. Allah, Allah, son nom est très cher pour nous», «Allah, Allah, il a fait du bien en Ton Nom et pour Toi. Allah, Allah, Pardonne-nous nos erreurs et Réduit notre hissab.»

Le récital est encore plus long, les jeunes et moins jeunes étaient tous ravis de faire partie de cette foule. Ils répétaient les extraits avec une parfaite connaissance des paroles et de leur symbolique. Les femmes de Seddouk ont accueilli les corps avec des youyous et beaucoup de larmes. Les jeunes ont montré une grande fierté. C’est pour eux une grande journée, une fête, un événement inoubliable et surtout une autre victoire. «Je suis arrivé à Seddouk à 6h.

Nous sommes tous contents, il est enfin chez sa famille et parmi les siens. Cela a toujours été notre souhait de pouvoir ramener son corps ici à Seddouk, on s’occupera bien de lui», dira un homme, la quarantaine. «Je connais bien ce village et la mosquée du cheikh, j’ai travaillé comme volontaire plusieurs années. Il n’y a pas que moi, beaucoup de gens viennent et travaillent dans cette mosquée, elle ne se vide jamais», dira un autre. «Ailleurs, il était toujours en terre d’Algérie, mais là, il est chez lui, c’est mieux pour nous, pour sa famille et pour lui aussi.»

Les trois cercueils ont été exposés à Dar El Ikhouane pour permettre aux gens de rendre un dernier hommage avant l’enterrement qui a eu lieu hier après la prière du vendredi au mausolée du cheikh, édifié spécialement pour cet événement.
Les délégations sont venues des 48 wilayas du pays pour participer à la commémoration de cet événement. Certains sont venus il y a plusieurs jours pour contribuer à sa préparation. D’autres délégations ont continué à affluer jusqu’à la soirée du jeudi pour assister à la prière du vendredi et à l’enterrement.

Des monuments pour la mémoire
La réinhumation du corps de cheikh Ahaddad, de son vrai nom Mohand Ameziane Ben Ali El Haddad, a été faite après une opération de restauration de plusieurs édifices qu’il a lui-même bâtis de son vivant. La mémoire du chef spirituel de la tariqa rahmania a été honorée par la réalisation de plusieurs ouvrages historiques et patrimoniaux au style architectural oriental. «La restauration de ce site a été entamée depuis plusieurs années. Mais les travaux ont connu une cadence plus accélérée ces deux dernières années», dira Nacer Mourad, directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa.

Cet ensemble architectural, composé d’une salle de prière, de Dar El Ikhouane, de la mosquée et du mausolée, sera, selon le même responsable, dédié à être un centre de recherche et de diffusion culturelle. «Nous allons réaliser une bibliothèque, un musée, une salle de conférences, ce sera un espace de rencontre pour perpétuer les traditions, les habitudes, le nationalisme et le courage de cheikh Ahaddad.» «Jusqu’à hier, les gens ne croyaient pas au transfert de son corps de Constantine à sa demeure.

Aujourd’hui, ceci ne relève plus du rêve mais de la réalité.» Toutes ces structures seront classées patrimoine architectural après le travail qu’effectue actuellement une équipe d’architectes et de chercheurs en la matière. Le projet, dont le coût est estimé à près de 20 milliards de centimes, a été réalisé par une entreprise algérienne.

Nouria Bourihane

Cheikh Aheddad retrouve les siens

Cheikh Aheddad est décédé au même titre que ses deux fils, lors du soulèvement d’El Mokrani en 1871

Des milliers de personnes venues des quatre coins du pays ont pris part hier à la cérémonie de réinhumation organisée hier après-midi à Seddouk Oufella.
Dans le message adressé par le président de la République aux participants à cette cérémonie et lu par son conseiller Rachid Aïssat, Abdelaziz Bouteflika a rendu un vibrant hommage au symbole de la résistance nationale et «spirituelle». Etait présent, également, à cette cérémonie, le secrétaire général de l’Organisation nationale des Moudjahidine. Cela en plus des autorités communales et de wilaya, des représentants du mouvement associatif local et national, des zaouyate du pays qui étaient également au rendez-vous avec l’histoire Exhumés d’un cimetière de Constantine le mercredi dernier, les ossements de Cheikh Aheddad et de son fils Aziz ont été transférés le lendemain jeudi à Seddouk Oufella où une cérémonie religieuse de réinhumation a été organisée hier après la prière du vendredi.
Depuis des mois, le village natal de ce symbole de la résistance nationale faisait l’objet d’une attention particulière des autorités à travers la commission installée à cet effet. Une attention, qui s’illustre à travers les profonds travaux de réparation, notamment du siège de la zaouïa et construction d’un mausolée. Cheikh Aheddad est décédé au même titre que ses deux fils, lors du soulèvement d’El Mokrani en 1871. Si la tombe du premier a été retrouvée à l’instar de celle de son père, il n’en est pas de même pour celle du deuxième qui demeure inconnue. Il s’agit de cheikh M’hand, pour qui une tombe vide a été érigée aux côtés de son frère et de son père, au niveau du mausolée.
C’était le 8 avril 1871, à Souk ElDjemâa (Seddouk), au milieu d’une foule composée de plusieurs personnes, que Cheikh Aheddad a déclaré la guerre à l’occupant français.
Seddouk Oufella, son village natal est riche en enseignements en la matière. Ce petit village accroché aux montagnes des Biban est aujourd’hui la Mecque des autorités locales et de wilayas ainsi que du mouvement associatif, les organisations et de toute la population. La maison familiale de Cheikh Aheddad renferme encore «takhelouith n’cheikh» la cellule où il menait une vie d’ascète et de reclus. Ce site historique a fait l’objet de restauration, Des visiteurs viennent en ces lieux faire la ziara sollicitant la baraka du cheikh pour la guérison. C’est dans cette petite pièce qu’il fut arrêté par les Français en 1871. Il avait alors 80 ans passés et il était pratiquement paralysé et avait beaucoup de difficultés à se déplacer. Ni son grand âge encore moins son statut de guide spirituel de la tarika Rahmania et ses ennuis de santé n’avaient empêché les colons français de l’emprisonner pour le rôle éminent qu’il a joué lors de l’insurrection de 1871 à côté, bien sûr, de Hadj M’hamed El Mokrani. Né en 1790 à Seddouk Oufella, Mohand Améziane Ahaddad a fait ses études à Imoula (commune de M’cisna) auprès du cheikh Al Rabia Bemouhoub puis en haute Kabylie chez le cheikh Arab Nth Irathen et à Aït Samaïl, zaouïa du fondateur de la Rahmania.
Cheikh Aheddad a payé de sa vie son engagement pour son pays. A Seddouk, chef-lieu de commune, en face du siège de l’APC, une statue le représentant a été érigée sur une place publique. C’était à Souk El-Djemaâ, le 8 avril 1871, s’adressant à une foule de plusieurs milliers de personnes, il décréta le djihad contre l’occupant français.
150.000 fidèles le suivront dans le soulèvement, c’était alors l’insurrection. Il sera arrêté, jugé et condamné à cinq ans de prison à Constantine en 1873. Face au juge, il répondit «Vous me donnez cinq années, Dieu ne m’accorde que cinq jours.» Au cinquième jour de son emprisonnement, il décéda dans sa cellule pour reposer au cimetière de Sidi Mabrouk. Jusqu’à son exhumation mercredi dernier, sa tombe a toujours fait l’objet de dévotions quotidiennes.
Cheikh Aheddad avait deux fils. Ils étaient encadreurs de l’insurrection de 1871. Ils commandaient les tribus dans des batailles dans la vallée de la Soummam et aux portes de Bougie jusqu’à juin 1871. Devant le tribunal qui le jugeait après son arestation Cheikh Aziz répondit: «Je suis originaire du village Aourir Ihadaden de l’aârch Ath Mansour (Akfadou), voisin de l’aârch Ath Oughlis. Ma famille est répartie à travers tous les aârchs qui entourent Seddouk (Soummam) où mon père, cheikh Mohand Améziane, a dirigé une zaouïa de la tarika Rahmania. Je suis descendant du peuple qui vivait sur cette terre au temps des Romains. Je suis musulman…» Cheikh Aziz était convaincu qu’il traduisait la passion de tous les hommes qui ont combattu avec lui. Cheikh M’hand et Cheikh Aziz ont été déportés en Nouvelle-Calédonie. Aziz fut maintenu éloigné du pays. Le 22 août 1895, à l’âge de 55 ans, Aziz Aheddad décède à Paris. Venu de Djeddah au mois de juin réclamer la restitution des terres de sa famille, il s’éteignit au domicile de son ami. Ses amis se cotisèrent pour rapatrier la dépouille en Algérie. Une autre version réfute la mort naturelle de Aziz. Il fut de nouveau emprisonné à Paris avant de mourir.La dépouille de cheikh Aziz était arrivée par le port d’Alger.
La peur d’un autre soulèvement s’il venait à être enterré chez lui à Seddouk en Kabylie où la confrérie Rahmania était toujours très puissante et où le ressentiment envers les Français encore très vif, il a été inhumé à Constantine aux côtés de son défunt père, au cimetière de Sidi Mabrouk. Depuis hier, le symbole de la résistance nationale, le chef spirituel, repose parmi les siens. De nombreux ouvrages ont été consacrés à cet homme de grande valeur.

Arezki SLIMANI