Seddouk Ouffella, village de Cheikh Ahaddad

Tadart n-Cixx Ahaddad

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L’HASNAOUI AMEJTOUH AU JI : « Mon idole m’a donné ce surnom »

samedi 19 décembre 2009, par L.BEDDAR

Lhasnaoui Amejtouh en concert à Seddouk Ouffella en aout 2006Cet artiste, qui offre à la télévision et à la radio des enregistrements, 10 CD et un répertoire de35 titres, est le prince du chaâbi d’expressions kabyle et arabe. Lors de son dernier passage à Béjaïa ily a trois ans, le chanteur L’Hasnaoui Amejtouh, le digne successeur de Cheikh El-Hasnaoui, a animé ungala artistique à la maison des Jeunes de Seddouk dans le cadre du dernier Festival de la chansonkabyle. Une prestation qui ne s’est pas déroulée sans l’envie de le faire parler sur son itinéraire, son parcours, etc. Entretien...

Le Jeune Indépendant :Voulez-vous bien vous présenter à votre public ?
L’Hasnaoui Amejtouh : Je m’appelle Aït Rahmane Madjid,né le 19 mars 1953 dans la commune des Ouacifs, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Très jeune, j’avais une très grande passion pour la chanson et j’étais un fidèle et fervent admirateur de la star de la chanson chaâbie d’expression kabyle et arabe, Cheikh El-Hasnaoui.
Comment ont été vos débutsdans la chanson ?
J’ai entamé ma vie d’artiste dans une association de la JFLN,apprenant la musique. L’émission « Les chanteurs de demain »,animée par Chérif Kheddam à l’époque, était un passage obligé pour tout artiste ayant du talent à révéler. Je m’en souviens parfaitement.
C’était en 1975. J’ai chanté ce jour-là un texte de mon idole, le grand maître Cheikh El- Hasnaoui, intitulé Yema yema, asselah Igawawen. Une chanson qui a grandement fait plaisir à l’assistance, notamment à Cherif Kheddam, lequel m’a d’abord remercié pour lui avoir appelé le grand cheikh, parti très tôt en France (1936) sans jamais revenir.Il m’a ensuite donné le surnom de L’Hasnaoui Amejtouh,que j’ai gardé, tout en m’agrémentant d’une graine de star.
Avez-vous rencontré CheikhEl-Hasnaoui ?
Je l’ai rencontré plusieurs fois. Il n’avait pas l’habitude de recevoir les gens, même s’ils faisaient partie du monde artistique. La première rencontre s’est faite dans sa résidence à Nice, en 1980. Lors de mon passage en France, j’ai saisi cette occasion pour aller le voir.
J’ai été introduit par un ami à lui.Voilà comment j’ai obtenu cette faveur. Il m’a d’ailleurs bien reçu.Quand je lui ai chanté certains de ses titres, ça lui a fait grand plaisir car il se projetait ainsi des années en arrière. La confiance s’est vite instaurée entre nous et il m’a raconté presque toute sa vie. Une vie tourmentée, bien sûr. Celle d’un amoureux d’une femme dont les parents ne l’ont pas accepté comme gendre parce qu’il était pauvre, orphelin et meddah (NDLR : troubadour de la chanson).Déçu, il a pris le chemin de l’exil. Un chemin sans retour. Je lui ai offert mon premier disque comprenant deux chansons (AMontparnasse et Zahia), sorti en1976. Constatant que j’avais un don et des techniques vocales quilui ressemblaient tant, il n’a pas manqué de montrer sa grande satisfaction de voir sa relève assurée et de m’encourager par-là même à persévérer dans cette voie.
Avez-vous rendu des hommages à Cheikh El- Hasnaoui ?
Je lui ai rendu plusieurs hommages,en chantant ses oeuvres, là où je me suis produit en Algérie,en France, au Maroc, etc. Je reviens de Montréal où j’ai participé à une manifestation culturelle,organisée justement en hommage à Cheikh El-Hasnaoui lors du Festival nord-africain du Canada. J’ai chanté deux heures durant devant un public composé de Maghrébins et d’Algériens particulièrement.Un gala que je n’oublierai pas de sitôt. Je dois retourner normalement à la fin du mois à Ottawa pour y animer un autre gala.
Parlez-nous du festival de lachanson kabyle et de votrepassage à Seddouk ?
J’ai été très content d’avoir été invité à Seddouk. Je suis déjà venu chanter il y a trois ans. J’y ai découvert un public merveilleux qui m’a beaucoup impressionné du fait de son accueil. L’ambiance est toujours la même chez ce fabuleux public, venu encore une fois nombreux ce soir. Ce fut unr écital que le public a suivi toute ouïe, dans une ambiance bon enfant.
Le mot de la fin…
Je remercie les organisateurs de ce festival qui m’ont permis de revenir pour me produire à Seddouk.J’ai d’ailleurs saisi cette occasion pour me recueillir surles tombes des valeureux Belhaddad. Je remercie aussi notre équipe nationale pour sa double qualification.1,2 3, viva l’Algérie !
 
Entretien réalisépar Larbi Beddar
 

SOURCE : quotidien LE JEUNE INDEPENDANT du 19/12/2009