Seddouk Ouadda: pollution de la rivière.

L’eau de cette rivière séculaire qui prend racines des prestigieuses sources d’Elmanfouka et d’Elmoumadha était le patrimoine de toute la communauté du village Seddouk Ouadda qui lui accorde une vénération particulière en l’adulant comme on adule une grande personnalité. L’homme est-il condamné à demeurer éternellement nuisible à l’environnement dans lequel il évolue, en ayant une vision très étroite des dangers qui le guettent quotidiennement et ne réagissant que quand vraiment un malheur lui survient ? Le cas le plus édifiant est incontestablement la rivière d’Irmane (Ighzer Yirman ndlr ), traversant le village Seddouk Ouadda qui ne peut être que la plus polluée. Et pour cause, un grand nombre de riverains ont leurs jetées d’égouts des eaux usées donnant directement sur celle-ci et des déchets fécaux d’animaux domestiques sont déversés lors des nettoyages des hangars d’élevage, rendant ainsi l’eau verdâtre donnant des nausées aux personnes sensibles. L’eau de cette rivière séculaire qui prend racines des prestigieuses sources d’Elmanfouka et d’Elmoumadha, au temps de jadis était un patrimoine de toute la communauté du village Seddouk Ouadda qui lui accorde une vénération particulière en l’adulant comme on adule une grande personnalité. Elle constitue la raison de vivre des villageois qui l’utilisent, à l’époque, pour l’irrigation des céréales, des maraîchères et des arbres fruitiers. Aussi, nos aïeux racontent que pas moins de cinq moulins à grain fonctionnant avec cette eau, sont installés aux abords de la rivière en différents endroits et certaines personnes âgées, encore en vie, se souviennent d’un passé assez récent lorsque cette eau ramenée dans une rigole qui traverse la placette (El Hara Ouadda) ou certains villageois aimaient se détendre en milieu de la journée, adossés au mur, les pieds nus dans l’eau. Aujourd’hui, à l’entrée de ce village, une mare marécageuse d’eaux usées de couleur noirâtre, dégageant des odeurs nauséabondes est constituée au milieu de la route principale obligeant les passants à traverser sur des pierres alignées sur toute la largeur de celle-ci, au risque des personnes âgées et des enfants nombreux à l’emprunter et que beaucoup de citoyens craignent qu’un jour l’un d’eux tombe à l’intérieur. Pis encore, à quelques mètres de là, ces eaux impropres passent au dessus de la conduite principale d’eau potable alimentant le village, enfouie de quelques centimètres dans la vase de la rivière. Ceci étant, les grandes chaleurs arrivent et les risques de maladies deviennent grandioses, sans oublier les désagréments qui sont causés quotidiennement aux riverains et aux habitants des quartiers proches de la rivière qui seront amplifiés en été par la prolifération de moustiques.

L. BEDDAR
Article paru dans la dépêche de kabylie du31/5/2005