Djamel Yalaoui, P/APC de Seddouk à la Dépêche de Kabylie

“J’ai hérité d’une situation catastrophique”

 

La Dépêche de Kabylie : Vous venez d’accomplir un stage de 5 semaines à Sétif, en avez-vous tiré profit ?
 
Yalaoui : Évidemment oui ! Ce stage est bénéfique à plus d’un titre. Il a permis aux présidents d’APC de se rencontrer, se connaître et se concerter sur les problèmes communs de la gestion communale.
Ce stage a donné un aperçu sur les différents aspects des services de la commune, c’est aussi un moyen de connaître les mécanismes régissant la gestion courante ayant trait aux services de l’urbanisme et l’état civil, l’organisation des secours, l’hygiène et la salubrité publique. Beaucoup d’autres thèmes ont été aussi développés au cours de ce stage.
 
Revenons à la gestion, pouvez-vous nous dire dans quel état vous avez trouvé l’APC à votre investiture ?
J’ai hérité d’une situation catastrophique dominée par des dossiers litigieux auxquels je dois faire face.
Ils ne m’ont pas ébranlé, je fais de mon mieux pour les assainir et ce n’est pas du tout chose facile. La plus grande aberration était sans nul doute l’affaire du kiosque.
Un kiosque érigé à proximité de l’école Chaouche-Larbi attribué légalement à un handicapé lequel l’exploite depuis des dizaines d’années. Les services techniques, il y a une année, n’ont pas trouvé mieux que de réquisitionner le terrain pour l’implantation de 50 locaux.
Le projet a été confié le plus normalement du monde à une entreprise pour sa réalisation sans songer à délocaliser le kiosque. Le problème à mon arrivée, c’est que j’ai reçu une correspondance de la DLEP m’ordonnant le démolition du-dit kiosque. Je suis en train d’étudier la possibilité de le délocaliser à un endroit adéquat pour ce genre d’activité. Un autre problème de taille concerne le parc roulant, que j’ai trouvé dans un état vétuste et dont bon nombre de véhicules étaient hors d’usage. J’ai délibéré pour procéder à la vente aux enchères publiques de tout le matériel réformé, le produit de cette vente servira à l’acquisition d’un matériel neuf. L’hydraulique n’est pas épargnée par les problèmes.
Une anarchie caractérisée régnait en maître dans ce secteur névralgique. Tous les réseaux d’AEP sont truffés de branchement illicites tous azimuts effectués par des particuliers.
Ces branchements posent aujourd’hui de sérieux problèmes dans la distribution de l’eau.
Le cas le plus édifiant vient du village Akhnak qui détient la palme des piratages, des réclamations émanant de citoyens les dénonçant arrivent constamment à nos services. Pour mettre un terme à cette anarchie, j’ai réservé une enveloppe budgétaire entrant dans le cadre des PCD 2008 de l’ordre de 4 millions de dinars destinés à l’amélioration des deux forages.
Le projet consiste en la rénovation du matériel existant et le renforcement par de nouveaux équipements du système de puisage et de la distribution d’eau. Seulement cet effort est limité sur le plan financier où il nous faut beaucoup plus de moyens pour parer à tous les problèmes qui se posent dans ce secteur. Quoiqu’il en soit, ce secteur reste notre priorité pour les années à venir. Nous mobiliserons, s’il le faut, toutes les potentialités pour rénover l’ensemble des réseaux vétustes qui engendrent des pannes…je termine par les problèmes inhérents aux infrastructures sportives.
Le stade communal a bénéficié d’un projet pour la rénovation de sa pelouse par un système de drainage des eaux pluviales. Le montant est tellement sous-estimé par les entreprises soumissionnaires que le projet est à chaque fois infructueux.
Que faire ? Si ce n’est demander une réévaluation du montant sinon le projet ne se réalisera jamais. Par ailleurs, trois terrains de jeu de proximité attribués aux villages (Amalou Sidi Mouffok, Seddouk Oufella et Ighil N’Djiber) pour l’épanouissement de la jeunesse rurale, restent en souffrance pour absence d’assiettes foncières devant abriter les projets.
 
Hormis ces problèmes qui vous tarabustent, avez-vous des perspectives d’amélioration du cadre de vie des citoyens ?
Nous l’avons dit et redit, notre objectif essentiel est l’œuvrer pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens de la ville ou des villages. Pour les villages, notre action est limitée à la satisfaction des besoins vitaux des populations comme l’électricité, l’eau, l’assainissement, la voirie… mais pour le chef-lieu, en plus de ces commodités, nous envisageons la modernisation des cités urbaines par le bitumage des chaussées et la pose de trottoirs pour toutes les ruelles et venelles, et l’aménagement d’espaces verts à l’intérieur des cités.
Pour cette année on a pris en charge deux cités : ighil Hamama et la cité Berkani.
Le reste des ces cités sera pris en charge progressivement et ultérieurement.
Avec quelles sources de financement comptez-vous réaliser ces projets onéreux certes mais ambitieux ?
Tout cela va se faire dans le cadre des PCD, des PSD et du programme présidentiel accordé à notre commune sous forme d’une enveloppe financière de 300 millions de dinars échelonnée sur trois années (2007,2008,2009). La ville retrouvera prochainement ses ruelles d’antan proprettes, avec des chaussées bitumées, des trottoirs refaits et avec comme nouveauté, la plantation d’arbres ornementaux.
 
Bien qu’il soit prématuré de dresser un bilan, vos actions ont-elles déjà apporté leurs fruits ?
Les gens ont constaté l’amélioration notoire de la propreté de la ville et des villages par l’installation de poubelles à chaque coin de rue, et sont vidées régulièrement. Il faut qu’ils sachent être patients.
Les besoins sont immenses mais notre volonté est aussi grande. Nous venons seulement d’entamer et nous sommes là pour 5 ans. Donc, le mieux est à venir pour qui sait attendre.
Interview réalisée par L. Beddar