Le village Seddouk Ouadda, 1200 habitants est sans doute le village le
plus pollué des villages de la commune de Seddouk. Il est situé entre
deux rivières qui l’enserrent, lesquelles étaient polluées par les eaux
usées venant des bourgades et des habitations éparses situées en amont.
Mais celle qui présentement laisse planer sur les habitants des risques
majeurs d’épidémies reste incontestablement la rivière d’Irmane,
traversant le village de bout en bout. Elle aussi traversée par trois
chemins piétonniers reliant le nouveau quartier de Lejnan à l’ancienne
bourgade et son eau verdâtre occasionnée par les déchets fécaux
d’animaux domestiques déversés lors des nettoyages des hangars d’élevage et les margines des huileries se rajoutant aux eaux usées provenant des habitations donne des nausées aux passants sensibles. Plus grave encore, à l’entrée de ce village, une mare marécageuse d’eaux usées de couleur noirâtre et pestilentielle est constituée au milieu de la route principale obligeant les passants à traverser sur des pierres alignées
sur toute la largeur de celle-ci, au risque pour les personnes âgées et
les écoliers nombreux à l’emprunter et beaucoup de pères de famille
craignent qu’un jour l’un d’eux tombe à l’intérieur. Les notables du
village las de prendre leur mal en patience ont alerté le maire lui
expliquant les désagréments et les dangers causés par cette pollution
aux habitants, lequel, selon un notable, s’est déplacé sur les lieux et
constatant de visu le bien- fondé de cette horrible situation qui risque
de faire un désastre si des mesures urgentes ne sont pas prises et il est
reparti non sans promettre de faire de son mieux pour faire enlever les
souillures. Mais le plus surprenant, l’engin dépêché sur les lieux
entamant les travaux de nettoiement n’a travaillé seulement qu’une
journée enlevant une infime partie des saletés pour repartir sans plus
revenir laissant la situation telle qu’elle était auparavant, avons-nous
appris d’un citoyen. Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’eau
séculaire de cette rivière qui prend racine des prestigieuses sources
d’Elmanfouka et d’Elmoumadha était un patrimoine de toute la communauté du village Seddouk Ouadda qui lui accorde une vénération particulière en  l’adulant comme on adule un saint. C’est d’ailleurs la fierté et la raison de vivre des villageois qui l’utilisent, à l’époque, pour l’irrigation
des céréales, des maraîchages et des arbres fruitiers. Ceux qui se
souviennent encore racontent que nos aïeux ont installé en différents
endroits aux abords de cette rivière pas moins de cinq moulins à grain
fonctionnant avec son eau. Si l’on s’en tient à cela, ils témoignent
aussi d’un passé assez récent lorsque cette eau ramenée dans une rigole
traversant la placette (El Hara Ouadda) où certains villageois, en été
notamment, aimaient se détendre en milieu de la journée, adossés au mur,
les pieds nus dans l’eau. Ceci étant, les autorités locales doivent
prendre les mesures qui s’imposent pour rendre l’eau de cette rivière
propre car il y va de la santé des habitants du village Seddouk Ouadda.

L.BEDDAR