SEDDOUK/ Centenaire de Cheikh Ahaddad

Le comité d’organisation à pied d’œuvre

“ Je suis venu vous informer que le ministère de la Culture a dégagé une enveloppe de 5 000 000,00 da pour les festivités, notamment la création d’infrastructures culturelles ou historiques”, c’est ce qu’a déclaré le représentant de la direction de la culture de Béjaïa lors de la réunion, la troisième du genre, tenue jeudi dernier, dans l’enceinte même de l’école, par les membres du comité d’organisation et les invités composés essentiellement d’anciens maîtres et élèves de l’école, de représentants de l’Etat au niveau de la wilaya, des responsables d’associations, de notables des villages…, laquelle a été consacrée à l’enrichissement et à la finalisation d’un programme riche et varié qui aura certainement des effets durables dans le temps et dans l’espace, comme le souhaitent les organisateurs qui travaillent d’arrache-pied et ne lésinent sur aucun moyen pour la réussite de l’événement. Le directeur des affaires religieuses, lui emboîtant le pas, a annoncé lui aussi que : “Le wali de Béjaïa, à la demande de sa direction, vient d’allouer une somme de 500.000, 00 DA pour la reconstruction de thakhelouith de Cheikh Ahaddad “.
En effet, depuis 15 jours, l’école Cheikh Ahaddad de Seddouk Ouadda connaît une ambiance particulière et des plus fébriles, suite aux préparatifs de la célébration de son premier centenaire et la commémoration du 134e anniversaire du soulèvement insurrectionnel d’avril 1871.
Après deux semaines de palabres, ponctuées par trois rassemblements où un programme portant sur diverses activités culturelles et sportives a été concocté et concernera des conférences qu’animeront Dehbia Abrous, Mahfoud Kaddache et Mohamed Cherif Ben Cheikh, des expositions qu’assureront l’association Gehimab et les élèves de l’école, des films intitulés Les Kabyles du Pacifique de Mahdi Lalaoui et Le sang de mai ensemençait novembre de René vautier seront projetés, des pièces de théâtre Fadhma N’soumeur du TR Béjaïa et Cheikh Ahaddad de l’association Allaoua Zerrouki de Seddouk seront jouées, des galas seront donnés par les artistes locaux, dont le chanteur Bouzerzour (chanteur très populaire, qui aime répéter avec fierté qu’il a grandi dans cette école comme élève d’abord et enseignant ensuite), des rencontres culturelles comme les inter-lycées auront lieu, aussi plusieurs rencontres sportives dans différentes disciplines seront au rendez-vous, un concours sur l’histoire sera ouvert pour les élèves de l’école.
Devant une assistance nombreuse, M. Djellouah Mohand Larbi, directeur de l’école et président du comité, a ouvert les débats en souhaitant la bienvenue aux présents pour lesquels il a expliqué l’importance d’une telle célébration qui se veut différente des précédentes : “Si dans le passé, on rendait hommage au guerrier, cette fois-ci, nous voulons mettre l’accent sur l’aspect du parcours historique de l’homme érudit que fut Cheikh Ahaddad qui était non seulement un guerrier, mais aussi une référence religieuse et humaniste”, laisse-t-il entendre. Continuant dans son allocution, il lança un appel à toute âme charitable, producteurs culturels et autres, qui veut contribuer par une aide matérielle ou culturelle de se rapprocher du comité pour se faire connaître. La parole fut cédée ensuite à Adjaoud Rachid, ancien élève de l’école et membre du comité, qui a tenu à préciser, dans un document lu à l’assistance, que : “L’école était auparavant une médersa (thamaâmarth) fondée par Cheikh Ahaddad et construite sur ses propres terres sises à Lokri ou étaient dispensées des études coraniques aux étudiants qui affluaient des quatre coins du pays, laquelle a été séquestrée par les colons français pour la reconvertir en école francophone baptisée école Seddouk Ouadda”. Continuant dans la foulée, il a exhorté les présents à contribuer à l’enrichissement dudit document tout en suggérant la réalisation d’un film où seront immortalisés tous les témoignages de ceux qui veulent apporter leur contribution sur la vie de la médersa et de l’école. Beaucoup d’autres intervenants ont pris la parole pour relater tour à tour le parcours historique du juste dont la renommée a dépassé nos frontières. Nous citerons, entre autres, l’inspecteur d’académie de Seddouk, le directeur des affaires religieuses de Béjaïa, le représentant de la direction de la culture de Bejaïa…
Enfin, une quatrième réunion est prévue pour la création de l’association des Amis de l’école. “Cette fois-ci un grand nombre de personnes sont convoquées et attendues”, dira M. Aït Radi Chabane qui enchaîna : “Il est question aussi de soumettre la réflexion sur l’éventuelle création d’un musée et d’une bibliothèque scolaire dans les deux anciennes salles construites séculairement et qui seront retapées pour la circonstance”.

L.BEDDAR

in la dépêche de kabylie du 05 mars 2005